Henri Dutilleux et l'orchestre

Lundi 23 novembre 2015
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Henri Dutilleux et l'orchestre | Maison de la Radio
Malgré la splendeur de son quatuor à cordes, malgré l’émotion qui se dégage de ses œuvres pour la voix, c’est à l’orchestre qu’Henri Dutilleux a réservé ses plus belles pages.
C’est la Première Symphonie, créée en 1951 par l’Orchestre National placé sous la direction de Roger Désormière, qui inaugure la suite des partitions majeures d’Henri Dutilleux. Directeur, à cette époque, du Service des illustrations de la radio, le musicien était un familier des concerts de l’Orchestre National, dont il avait pu apprécier les qualités. « En songeant, avec le recul, aux années qui s’annoncent alors (celles de la Libération, à partir de 1944), il n’est pas un d’entre nous qui n’éprouve la nostalgie des soirées de l’Orchestre National aux Champs-Élysées, où nous allions de découverte en découverte », évoquera-t-il plus tard.
 
Écrire une symphonie, dans un temps où d’autres compositeurs pratiquaient la tabula rasa, ne manquait pas d’audace ; mais c’est avec la Deuxième Symphonie dite « Le Double », en 1959, que Dutilleux affirma le mieux sa maîtrise de la forme. Comme il l’expliquait lui-même, « il y a évidemment une forme particulière à chaque œuvre, selon une évolution intérieure. Ce problème de formes, de structures qui s’éloigneraient de cadres préfabriqués me préoccupe de plus en plus ».
 
Ces deux partitions sont aussi le fruit de rencontres avec des interprètes d’exception, puisque la Deuxième Symphonie est le résultat d’une commande de Charles Munch pour l’Orchestre Symphonique de Boston. Et c’est pour d’autres formations de prestige qu’il composa plus tard les célèbres Métaboles, créées en 1965 par George Szell et l’Orchestre de Cleveland, ou encore Timbres, Espace, Mouvement ou La Nuit étoilée (1978), commande de Mstislav Rostropovitch pour le National Symphony Orchestra de Washington.
 
Toutes ces œuvres révèlent l’imagination de Dutilleux dans le maniement des timbres : « J’aime entendre tous les détails d’une partition, même s’il s’agit un peu d’une utopie. J’attends la transparence, mais je compte aussi sur l’élan ».




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