Tapisserie

Une œuvre de Pierre Soulages

Jeudi 10 décembre 2015
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Tapisserie | Maison de la Radio
Cette œuvre se situe sur un pan de mur du foyer C, dans la partie arrière gauche de la Maison de la radio

Comme sur les toiles de Pierre Soulages, le tracé de «dessins au large pinceau» constitue l'armature noire, le fil conducteur qui rythme et ponctue les élans de cette tapisserie conçue, selon l'artiste lui-même «en relation avec le lieu, la lumière, l'éclairement, le volume». Elle fait corps avec l'architecture et sa composition joue avec les lignes et l'espace de la salle. La tâche bleue s'appuie sur le bord vertical du passage, les obliques ascendantes se terminent en s'accordant à la ligne du plafond. Cette tapisserie en laine a été tissée d'une seule pièce par les ateliers Pinton à Felletin, près d'Aubusson. Pierre Soulages n'a pas voulu illustrer quoi que ce soit dans cette œuvre, d'où l'absence de titre. Elle n'a aucun thème, aucun sujet. C'est un rapport «poétique» de couleurs, de surface et de rythme. Réalisée en 1963, toute la composition, calée sur la tâche bleue du centre, à partir de la verticale du mur, est en fait un vaste mouvement ascendant jusqu'aux obliques du plafond.

"Tapisserie" de Pierre Soulages dans le foyer C © ADAGP, Paris, 2016

Pierre Soulages

Né en 1919 à Rodez, il est attiré très jeune par l'art roman et la préhistoire. A 18 ans, il est admis à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris, qu'il refuse d'intégrer, convaincu de la médiocrité de l'enseignement qu'on y reçoit. Ce n'est qu'en 1946 qu'il se consacre entièrement à la peinture. Il s'installe alors dans la banlieue parisienne. Ses toiles où le noir domine sont abstraites et sombres et sont aussitôt remarquées tant elles diffèrent de la peinture demi-figurative et très colorée de l'après-guerre. En 1948, il participe à des expositions à Paris et en Europe et côtoie les premiers maîtres de l'art abstrait.
 
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