Un Septuor de Beethoven

Vendredi 25 mai 2018
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Un Septuor de Beethoven | Maison de la Radio
On connaît bien les sonates et les quatuors de Beethoven. On connaît moins le facétieux Septuor qu’il a composé en 1800 et que jouent le 15 juin les musiciens de l’Orchestre National de France.

1800. BEETHOVEN EST À VIENNE depuis huit ans. Il n’a pas eu le temps de connaître Mozart mais il a pris des leçons avec Haydn pour parfaire son métier. Surtout, il est devenu le protégé de riches aristocrates éclairés (les princes Lichnowski, Lobkowitz et autres Kinsky). Virtuose fêté, Il a réussi à montrer qu’il était tout autre chose qu’un brillant improvisateur. Il vient en effet de publier sa Sonate pour piano « Pathétique » et d’achever ses six Quatuors à cordes op. 18. Il semble avoir définitivement tourné le dos à l’esthétique galante. La Première Symphonie date elle aussi de cette époque – mais aussi le Septuor, qui tient du divertimento plus que de l’œuvre de chambre. « Jovial et bienveillant », selon le mot de Brigitte et Jean Massin, cette partition comprend six mouvements d’une très bonne humeur, dont on appréciera en particulier le très beau thème varié (quatrième mouvement).
 
Lors de la création, le 2 avril, au National Hoftheater, lors de la première grande Académie musicale du compositeur, l’ami Schuppanzigh, familièrement surnommé « Mylord Falstaff » en raison de son embonpoint, est au violon. Fraîchement terminée, la Première Symphonie figure aussi à l’affiche de ce concert qui propose en outre différentes pages de Haydn et de Mozart. L’affiche précise : « M. Ludwig van Beethoven improvisera sur le piano-forte. »
 
Le Septuor semble tout droit sorti de la série des sérénades, cassations et autres divertimentos dont le XVIIIe siècle fut si friand ; « musique de société plus que musique de chambre au sent intime et sérieux de cette dernière expression », commentent Brigitte et Jean Massin. En 1805, Beethoven en publiera un arrangement pour piano, clarinette (ou violon) et violoncelle.
 
Chevauchements optimistes
 
Le Septuor comprend six mouvements d’ambiances variées, sans qu’aucun d’entre eux, cependant, soit sombre ou mélancolique. On goûtera en particulier le quatrième, qui cite une chanson du folklore rhénan, « Ach Schiffer, lieber Schiffer » (« Ah batelier, cher batelier ») et le varie avec entrain, en faisant habilement se chevaucher les différents instruments.
 
Plus tard, Schubert reprendra l’atmosphère optimiste et l’essentiel du plan en six mouvements du Septuor de Beethoven dans son propre Octuor, qui utilise le même effectif instrumental augmenté d’un violon. Entre-temps (en 1818), Beethoven aura eu ce mot cruel à propos de sa partition, pour laquelle son enthousiasme était de beaucoup retombé : « Je ne savais pas composer en ce temps-là, maintenant je crois que je sais. »
 
Christian Wasselin
 
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Pour écouter le Septuor :

Septuor de Beethoven

Septuor de Beethoven | Maison de la Radio
Concert de musique de chambre

Orchestre National de France

Le Septuor de Beethoven semble tout droit sorti de la série des sérénades, cassations et autres divertimentos dont le XVIIIe siècle fut si friand.
Vendredi15juin201812h30 Maison de la radio - Studio 104

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