Hommage à Knud Viktor, peintre sonore

Hommage à Knud Viktor, peintre sonore | Maison de la Radio
Diffusé dans "Les ateliers de la nuit" le 25 septembre 2013, cet hommage est un remontage de deux créations radiophoniques de Knud Viktor de 1974 et 1982

Il paraît que la nuit, on obtient les meilleurs sons. Si on se tapit dans la nature, les sons de la nuit sont les plus purs. Knud Viktor le savait et était souvent sorti de sa bergerie en pleine nuit.

C'est un Danois né à Copenhague dans les années 20, qui avait décidé de venir voir la lumière du sud de la France, celle qui fascinait tant Van Gogh.
Il avait choisi une bastide au sud d'Avignon, une ancienne bergerie du Lubéron. C'est en 1962, qu'il est "pris par le son", qu'il se met à écouter le bruit des feuilles, des cailloux, du vers dans la pomme qui gratte, de l'infiniment petit, de ce que l'on n'entend pas.
Il était un jeune peintre et photographe, attiré par la lumière du sud et s'est retrouvé à commencer par fermer les yeux.

Knud Viktor sait qu'une pierre, ça parle. Qu'on peut enregistrer une roche comme un être vivant. Que l'on peut tenter de comprendre un dialogue de cigales, d'entendre un escargot qui marche, une araignée qui tisse.

On sait aujourd'hui que les bruits peuvent disparaître. Que ceux de la nature sont en danger, beaucoup n'existent plus, les années les font taire, l'homme écrase, la nature se réduit.
Knud Viktor en ermite, a enregistré pour nous la lumière du sud, en chasseur de sons, du secret, de l'infini petit. C'est lui qui invente une forme d'image sonore.

Ce documentaire date de 1974. Michel Bichebois était allé enregistrer dans le Lubéron auprès du berger danois, peintre et enregistreur de sons. Nous voilà dans sa maison, dans le son de la terre, une soirée dans la bergerie avec le solitaire Knud Viktor.
Réalisation : Michel Bichebois

Le mobilier d'écoute

Schéma du mobilier d'écoute de l'hommage à Knud Viktor

Le rapport qu’entretient Knud Viktor avec ses sujets relève d’une certaine intériorité ; il est sensible et personnel. Pour le dispositif d’écoute de son « hommage », nous avons volontairement évacué toute dimension intimiste pour que le caractère sensible de son œuvre ait une résonnance maximum. La structure, d’une neutralité absolue, tourne le dos à la Galerie Seine et permet au regard de se perdre à l’extérieur.

Une réalisation de Marion Jolivet Duval et Hugo Dessis.

Marion Jolivet Duval et Hugo Dessis

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