14-15 : la Deuxième Symphonie de Rachmaninov

Samedi 9 août 2014
14-15 : la Deuxième Symphonie de Rachmaninov | Maison de la Radio

Après le Deuxième Concerto pour piano le 19 septembre, c’est la Deuxième Symphonie de Rachmaninov, le 25 septembre, qui sera à l’affiche des concerts de Radio France. L’Orchestre National de France sera ce soir-là dirigé par Vassily Sinaisky.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, seules la musique religieuse et la musique populaire pouvaient revendiquer un caractère et une origine russes. La musique dite savante fit son apparition sur le tard, à partir du règne de Catherine II, mais d’abord grâce à l’importation de compositeurs français et italiens, de Paisiello à Boieldieu. C’est au XIXe siècle, avec Glinka puis Tchaïkovski et les compositeurs du groupe des Cinq, que la musique russe savante prit réellement son envol, en faisant son miel aussi bien des traditions séculaires que de l’apport occidental. Glinka, précisément, est souvent considéré comme le père de la musique russe, mais c’est encouragé par Berlioz (qui fit sa connaissance à Rome en 1831 et dirigea un concert de ses œuvres à Paris en 1845) qu’il eut l’audace d’être lui-même, d’être russe. On sait aussi quel retentissement eurent les voyages effectués par le musicien français à Saint-Pétersbourg et à Moscou, où il fut d’abord accueilli comme une curiosité (en 1847) puis comme un prophète (en 1867).

Rachmaninov échappe-t-il à cette influence ? Oui et non. Oui, parce que Rachmaninov fut autant un pianiste virtuose qu’un compositeur. Non, parce qu’il n’est pas moins russe que les autres.

Rachmaninov a vingt ans à la mort de Tchaïkovski (1893), dont il a été l’élève au Conservatoire de Moscou. Il a vingt-quatre ans lorsque sa Première Symphonie est créée à Saint-Pétersbourg sous la direction de Glazounov : c’est un désastre, qui précipite le jeune compositeur dans l’alcool. Il s’en sort par l’hypnose, épouse sa cousine Nathalie, compose son Deuxième puis son Troisième Concerto pour piano, enfin sa Deuxième Symphonie, écrite en mi mineur. Celle-ci date de 1907. Composée à Dresde, elle sera créée le 26 janvier de l’année suivante à Saint-Pétersbourg sous la direction du compositeur. Elle n’innove pas par la forme, mais s’impose immédiatement par sa générosité mélodique et constitue moins un hommage à Tchaïkovski que la Première Symphonie, d’une maîtrise moins souveraine. Il faudra attendre près de trente ans pour que Rachmaninov écrive une Troisième Symphonie : celle-ci, datée de 1936, sera composée et créée à Philadelphie, Rachmaninov ayant de longue date fui la Russie bolchévique.

La Symphonie en mi mineur s’ouvre par un Allegro de coupe classique précédé par une introduction lente qui contient en germe bon nombre des éléments thématiques à venir. Plus énergique et tourmenté, le scherzo qui suit est une page d’une grande instabilité qui parfois épouse un rythme de marche mais fait aussi la part belle à l’élégie. Il annonce l’Adagio, mouvement gonflé de lyrisme qui transcende tout ce qu’on peut y entendre de réminiscences de Tchaïkovski, et sans les tourments voire l’impudeur qui nourrissent bien des pages de celui-ci. Chez Rachmaninov, comme l’écrit Michel-R. Hofmann, « toute l’intense poésie d’un beau paysage russe, avec ses longs bouleaux blancs, sa mélancolie sereine et presque souriante, ses bleus lointains, chante dans la mélodie de la clarinette, sur un fond de cordes tranquille et ondoyant ». La symphonie s’achève par un mouvement très dynamique, espèce de fête russe assez démonstrative.

Florian Héro

Le concert du 25 septembre sera diffusé en direct sur France Musique et sur le réseau de l’UER.

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