14-15 : le Concerto pour violon de Glazounov

Dimanche 10 août 2014
14-15 : le Concerto pour violon de Glazounov | Maison de la Radio

Contemporain de Richard Strauss et de Sibelius, Glazounov n’a pas la célébrité, au sein du panthéon des compositeurs russes, d’un Prokofiev ou d’un Tchaïkovski. Mort à Neuilly-su-Seine en 1936, il a notamment composé huit symphonies, ainsi qu’un concerto pour violon que jouera Vadim Gluzman le 25 septembre, en compagnie de l’Orchestre National de France.

Né en 1845 à Veszprém dans la Hongrie royale soumise aux Habsbourg, le violoniste, chef d’orchestre et compositeur Leopold Auer avait acquis son impeccable technique instrumentale auprès de Jakob Dont, auteur d’études et de caprices encore enseignés aujourd’hui dans les conservatoires. Formé à la musique de chambre par Joseph Hellmesberger, Auer parvint au sommet de son art grâce au légendaire Joseph Joachim, créateur du Concerto pour violon de Brahms, qui le prit sous son aile pendant deux ans. Ses succès publics permirent à Auer de devenir Konzertmeister à Düsseldorf puis à Hambourg, mais le compositeur et pianiste Anton Rubinstein lui ouvrit en 1868 les portes du Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Auer signa un contrat de trois ans avec le prestigieux établissement. Il y resta finalement quarante-neuf années, pendant lesquelles se créa autour de lui une exceptionnelle école de violon russe. Les noms des élèves évoquent tout un pan de l’histoire de la musique : Mischa Elman, Jascha Heifetz, Nathan Milstein, Toscha Seidel, Efrem Zimbalist ou encore Oscar Shumsky. 

Tchaïkovski, qui lui avait lui offert sa Sérénade mélancolique, souhaita lui dédier en 1878 son Concerto pour violon, mais Auer le refusa en jugeant de nombreux passages impropres à la technique de l’instrument. L’œuvre sera créée par Adolph Brodsky, Auer l’inscrivant à son répertoire peu avant la mort du compositeur en 1893, non sans avoir effectué plusieurs retouches reprises par ses élèves (à l’exception de Milstein). Cette mésaventure n’empêchera pas d’autres musiciens de lui dédier leurs œuvres, comme Taneiev, Arenski ou Glazounov.

 

De vingt ans son cadet, Alexander Konstantinovitch Glazounov avait déjà entendu Auer dans certains de ses quatuors à cordes, tenant la partie de premier violon du Quatuor de la Société Musicale Russe. L’idée de lui composer un concerto lui vint en 1904, dans sa datcha campagnarde d’Oserki. Construite en quatre mouvements enchaînés, la partition déploie une élégance sans affèterie, une noblesse et un charme qui convaincront aussitôt l’un des élèves d’Auer, Mischa Elman, de s’en faire le champion en Europe occidentale et aux États-Unis.

Cruelle ironie de l’histoire, la création pétersbourgeoise de cette lumineuse partition, qui eut lieu le 15 février 1905 par Leopold Auer et la Société Musicale Russe dirigée par le compositeur, se déroula trois semaines après les massacres du Dimanche rouge, lorsque les troupes tsaristes tirèrent à volonté sur une foule de manifestants non loin de là. Ces événements, Qui marquent les débuts de la révolution de 1905, auront des conséquences directes pour les musiciens russes.  adressa une lettre publique de protestation, dans laquelle il soutenait des étudiants contestataires, et fut immédiatement licencié du Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Devant le soutien massif des élèves et de ses collègues (dont Glazounov), il fut réintégré et composa son opéra Le Coq d’or, critique à peine voilée de l’impérialisme tsariste. C’est alors le directeur de l’établissement (August Bernhard) qui fut à son tour remercié, et aussitôt remplacé par… Glazounov, pour les vingt-trois années suivantes !

François-Xavier Szymczak 

Le concert du 25 septembre sera diffusé en direct sur France Musique et sur le réseau de l’UER.

 

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