3 questions à… Bertrand Amiel, bruiteur à Radio France

Lundi 2 mars 2020
3 questions à… Bertrand Amiel, bruiteur à Radio France | Maison de la Radio
Bertrand Amiel, quel est votre parcours à Radio France ?
Je travaille ici depuis trente-cinq ans. J’ai commencé dans cette maison en tant que bruiteur, comme l’était mon père ici-même et avec qui j’ai tout appris. J’ai réellement appris le métier à Radio France. Il n’y a pas d’école de bruitage, ce ne sont que des années d’apprentissage ! Les demandes sont très variées et je découvre tous les jours mon métier : fictions pour les différentes antennes, illustrations sonores d’émissions ou de documentaires, concerts en direct sur scène… En tant que bruiteur, tout au long de ma carrière, il m’est aussi arrivé de travailler pour l’image, mais aujourd’hui je me consacre entièrement à la radio. J’aime que l’imagination soit davantage mise à contribution, et il faut pour ce faire être bien plus précis. Un bruit s’écoute différemment s’il est accompagné de l’image ou non ! J’adore la radio et le son. Mais, et il est capital de le souligner, mon métier ne serait rien sans les techniciens.
 
Comment se passe le quotidien des bruiteurs à Radio France ?
Nous sommes six bruiteurs, plus ou moins présents selon les besoins. Nous travaillons et créons avec des objets du quotidien et nos placards sont remplis ! Je me fournis dans les vides-greniers et utilise toujours de vieux objets qui datent de mon père : téléphones, roues, bombes, lames, boites, chaussures, coquille d’escargots ou mille autres choses improbables…. Mais surtout des valises pour tout transporter selon les productions ! Je viens de participer au concert-fiction « Astérix - La Zizanie » adapté et réalisé par Cédric Aussir (diffusion sur France Culture le 22 décembre) en direct et en public. Nous avons fait revivre toutes ces scènes et ces héros, c’était génial !
En parallèle, je fais du doublage de voix pour des séries-télé et le cinéma. Un vrai plaisir, mais je dois lutter pour m’empêcher de bruiter tout ce que je vois à l’image !
 
Comment expliquez-vous que malgré toutes les banques de sons que l’on trouve sur internet, votre métier existe toujours ?
Dans notre métier, le regard et le travail de l’être humain sont plus rapide qu’une machine. Il est immédiat, car un bruiteur assimile en un instant toutes les données subtiles et essentielles à la compréhension de l’histoire : par exemple, si quelqu’un marche, le bruit de ses pas dépendra de son poids, son sexe, quelles chaussures il porte, sur quel sol et à quelle vitesse. Nous sommes le prolongement du personnage. Un humain s’adapte plus vite (et mieux !) qu’une machine à tous ces détails indispensables à l’histoire, que ce soit en concert, en fiction radio ou en documentaire.
Et surtout nous faisons la synchronisation des bruits en même temps que le comédien, en direct plutôt qu’en post-production. Cela fait gagner du temps et de l’argent ! D’autre part, un bruiteur sait retranscrire les variations des bruits… parce que oui, un bruit simple reproduit plusieurs fois ne sera jamais vraiment le même à chaque fois… la vie, quoi !
 
Propos recueillis par Gabrielle Oliveira Guyon
 

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