3 questions à Bruno Coulais

Jeudi 29 novembre 2018
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3 questions à Bruno Coulais | Maison de la Radio
De Bruno Coulais, le grand public se souvient tout d'abord de l'immense succès des Choristes. Mais le catalogue du compositeur est d'une richesse peu commune, convoque les plus grands comme les plus originaux : Claude Berri, Olivier Marchall, Alain Corneau et Benoît Jacquot, le maître Volker Schlöndorff et le jeune Frédéric Schoendoerffer, Olivier Dahan et Laurent Heynemann James Huth et Etienne Chatiliez, liste non exhaustive évidemment. Collaborateur de Bertrand Tavernier sur le Voyage à travers le cinéma français, il répond à trois questions sur nos prochains concerts de musique de film.
 
Aujourd'hui, notre musique s'exporte dans le cinéma du monde entier, portant fièrement ses lettres de noblesse que lui ont octroyées les Saint-Saëns, Milhaud et autres Jaubert. Existerait-il en ce domaine un style spécifiquement français, ou une certaine façon de penser le rapport entre le son et l'image?
 
Bruno Coulais : Autrefois, la musique française se distinguait peut-être par son orchestration plus légère; évitant la surenchère des effectifs hollywoodiens, elle respectait avec délicatesse la densité de l'image, ne cherchait pas à tout expliquer, et veillait à ne jamais écraser ce qui se passait à l'écran. Longtemps, les compositeurs français ont instrumenté leurs partitions sans recourir à une foule d'assistants et d'orchestrateurs professionnels. J'ai du mal à comprendre qu'on puisse confier une tâche aussi importante à un tiers. Le choix des timbres est essentiel, détermine la couleur sonore du film. Mais aujourd'hui, tout me semble un peu bousculé, les frontières abolies et les usages de plus en plus normalisés.   
 
Que pensez-vous de la reprise au concert de la musique de film, au risque de détacher celle-ci des images qui l'ont inspirée?
 
Bruno Coulais : Il est une forme de ciné-concert que je n'aime pas, diffusant des extraits de films, parfois sans les paroles et sans le son, simplement pour accompagner la musique. Cela me paraît un peu absurde. Mais de reprendre certaines musiques en concert peut révéler des œuvres et des compositeurs méconnus, parfois orienter les projecteur sur une musique admirable alors que le film semble moins impérissable. De tels concerts exigent souvent un très gros travail de préparation, pour reconstituer les partitions notamment. Et toutes les musiques ne sont pas adaptées à cela;  certaines ont été conçues pour se dissimuler derrière ou dans l'image. Il faut alors vérifier que ce qui a été pensé pour le studio et ses micros sonne correctement dans une salle. Il ne faut pas craindre la réorchestration, voire la constitution de véritables suites afin de palier à des problèmes de forme, de fragmentation et de durée.
 

Au cours de ce weekend cinématographique, nous redécouvrirons votre contribution au Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier. N'était-ce pas un véritable défi que de concevoir cette pièce destinée à s'installer dans un panorama au prestigieux du cinéma français?

 

Bruno Coulais : Avec Bertrand, il n'était pas question d'écrire une nouvelle musique pour des films qui n'avaient rien demandé, mais plutôt de tirer un trait d'union entre le regard très actuel du réalisateur, et des films. Il me fallait coudre à la fois des extraits, et des temporalités qui se confrontaient malgré elles. C'était très amusant à faire.

 

Propos recueillis par François-Gildas Tual, 30 octobre 2018

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