Cordes sensibles : Claire Hazera-Morand

Jeudi 19 avril 2018
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Cordes sensibles : Claire Hazera-Morand | Maison de la Radio
La voix délicate et posée, le goût de la musique pour soi, mais, avant tout, pour le plaisir des autres, cette quadragénaire, originaire d’Annecy, a choisi le violon pour laisser libre cours à ses émotions, et la vie d’orchestre pour partager sa passion. Rencontre avec une artiste qui a la musique chevillée au corps.
La musique ? Elle est « tombée » dedans toute petite. Dotée d’une oreille absolue qui lui permet d’associer une note à chaque son du quotidien, Claire Hazera-Morand a su lire des partitions avant de savoir écrire et lire ! Après le piano qu’elle commence à pratiquer dès l’âge de trois ans et demi, sur les traces de sa sœur aînée, elle enchaîne avec le violon. « À 13 ans, je faisais partie d’un orchestre de jeunes en région Rhône-Alpes où j’ai eu l’immense plaisir de jouer la 5e symphonie de Chostakovitch dirigée par Jean-Marc Cochereau. Ce fut une expérience inouïe. Là, je me suis dit : “Intégrer un orchestre, c’est cela que je veux faire !”. » Claire entre ensuite au Conservatoire National Régional puis au Conservatoire National Supérieur de Lyon. Dans son panthéon musical figurent Ravel, Debussy, Malher et la musique baroque. « Je dois beaucoup à Daniele Gatti de m’avoir fait aimer Le Sacre du printemps. Plus jeune en solfège, j’étais en effet fâchée avec cette œuvre. Je l’écoute même pour le plaisir. J’ai eu la chance de jouer un cycle Beethoven sous la direction de Kurt Masur, de partir en tournée au Japon, à Moscou avec Riccardo Muti et aujourd’hui de retrouver Emmanuel Krivine qui était là en 2001 pour ma première série lorsque j’ai intégré le National. Je l’avais déjà croisé à plusieurs reprises à l’Orchestre National de Lyon. C’est un personnage intéressant qui connaît bien l’orchestre pour avoir été lui-même violoniste. Avec lui, on ressent le plaisir du concert, ce moment où l’on donne tout au public, où l’on est au service de la musique. Je me remémore aussi avec émotion la Valse de Ravel, véritable poème chorégraphique : ce fut pour moi un très bon souvenir de concert. Elle fait partie des œuvres qui me procurent une excitation particulière à chaque fois que je les joue. Ce qui est intéressant c’est d’accompagner l’interprétation personnelle que chaque chef a des œuvres. »
 

Partager l’émotion

Autres lieux, autres émotions, avec, en filigrane, ce même souci de la transmission, du partage et de l’ouverture du répertoire classique au plus grand nombre : les « ateliers maternelles » initiés par Claudine Garçon, violoniste à l’Orchestre National de France. « Depuis treize ans, nous allons plusieurs fois par an dans des écoles maternelles pour préparer les enfants aux symphonies. J’aime leur apprendre à écouter : on leur ouvre le cœur et les sens. Je m’investis aussi dans l’association Musique et Santé, qui promeut la musique vivante en milieu hospitalier. Régulièrement, en duo, j’interviens à l’institut Gustave-Roussy auprès de jeunes patients et de leurs parents. D’une chambre à l’autre, l’ambiance y est différente. C’est touchant d’apporter un peu de réconfort par la musique. J’ai ce souvenir ancré en moi de ce couple avec leur enfant dans les bras, les yeux embués de larmes. Je suis sensible aux émotions des autres et je sais les ressentir afin d’adapter la musique à leurs besoins. » Dévouée, ouverte aux autres, Claire sait aussi être à l’écoute d’elle-même. Pour chaque jour vivre pleinement les répétitions, et ressentir cette magie du frisson et de l’émotion des concerts, ces moments où l’on transmet au public cet amour de la musique. « J’aime ce métier d’écoute, de respect, de bienveillance et d’humilité. Car ces valeurs sont les miennes ; j’aime l’orchestre car c’est une seconde famille où l’on partage beaucoup et où l’on vit dans l’émotion. C’est essentiel pour moi ! »

→ 1992 Participe à l’Orchestre français des jeunes de Radio France.
→ 1998-2000 Assure des remplacements à l’Orchestre National de Lyon, l’Opéra de Lyon, à l’Orchestre National de France, à l’Orchestre Philharmonique de Radio France et à l’Orchestre de la Suisse Romande.
→ 2001 Intègre l’Orchestre National de France.
→ 2007 Pelléas et Mélisande, de Debussy, au Théâtre des Champs-Élysées sous la direction de Bernard Haitink.

 
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