Du côté de chez Haffner

Mercredi 10 Février 2016
Du côté de chez Haffner | Maison de la Radio et de la Musique
Si la symphonie procède de la suite de danses, Mozart nous montre qu’on peut aussi trouver son origine dans la sérénade. C’est la leçon de la Symphonie n° 35 « Haffner » que l’Orchestre Philharmonique jouera le 20 février prochain sous la direction de Christoph Poppen.

MOZART COMPOSA PLUSIEURS ŒUVRES à l’intention de la famille Haffner. D’abord une sérénade (K 250), précédée d’une marche (K 249), qui lui furent commandées par Siegmund Haffner à l’occasion du mariage de sa sœur Elisabeth (par ailleurs fille de l’ancien bourgmestre de Salzbourg, dit Sigmund Haffner père) avec Franz Xaver Späth, lui-même bourgmestre à l’époque de la cérémonie (qui eut lieu le 22 juillet 1776) ; et, six ans plus tard, la célèbre Symphonie n° 35 K 385, à l’occasion de l’anoblissement du même Haffner fils, qui était devenu à son tour bourgmestre de Salzbourg.
 
La marche et la sérénade furent jouées le 21 juillet 1776, veille de la cérémonie de mariage. Mozart eut l’occasion de réentendre sa sérénade à plusieurs reprises au cours des années suivantes, parfois même sous une forme abrégée, proche du découpage d’une symphonie. Dans sa version originale, il s’agit en effet d’une œuvre en huit mouvements durant près d’une heure. On rêve quand on imagine que cette vaste partition a été composée pour être jouée en plein air : on passe ici en effet d’un tempo à l’autre avec une habileté déconcertante, Mozart n’ayant pas hésité à enchâsser un concerto pour violon dans le plan de sa sérénade.
 
La Symphonie « Haffner » fut composée pendant l’été 1782 avec une désinvolture mêlée d’inspiration. Mozart avait en effet oublié la commande qui lui avait été faite lorsque celle-ci lui revint à l’esprit. Il écrit à son père, le 20 juillet : « Et je dois à présent composer encore une nouvelle symphonie ! – Vous n’imaginez pas combien il est difficile d’harmoniser une chose comme ça – et de donner aux vents des traits originaux sans que rien de l’effet ne soit perdu. Enfin, bon, je dois travailler la nuit, autrement je n’en sortirai pas – et que ce sacrifice soit pour vous, mon très cher père. Vous recevrez sûrement quelque chose à chaque courrier – et j’essaierai de travailler aussi vite que possible – et, dans la mesure où la hâte le permet, d’écrire lisiblement ».
 
En réalité, cette symphonie prit elle aussi, d’abord, le profil d’une sérénade, mais les mouvements que Mozart ne retint pas dans le cadre de sa symphonie semblent avoir disparu. Le génie de Mozart éclate à chaque page de la partition. Le mouvement initial, d’une majesté bondissante, est construit sur un seul thème, qui n’admet aucune réplique. Son autorité et sa concision n’en sont que plus saisissantes et Mozart recommandait qu’on le jouât « avec beaucoup de feu ». Suivent un mouvement lent lyrique, un bref menuet et un finale qu’il faut jouer, dit Mozart, « aussi vite que possible » et dans lequel on peut entendre un écho de l’air d’Osmin « O wie will ich triumphieren » dans L’Enlèvement au sérail, qui fut créé à Vienne au cours du même été.
 
Autant la Sérénade « Haffner » de 1776 est une œuvre d’abondance et de fantaisie, autant la Symphonie « Haffner » de 1782 est une page d’une autorité souveraine. Malgré leur sous-titre commun, il ne faut surtout pas les confondre ; elles illustrent l’une et l’autre un genre avec une éclatante maîtrise.
 
Florian Héro
 
Le concert du 20 février sera diffusé ultérieurement sur France Musique.

 

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