Haydn, un grand compositeur

Jeudi 19 mars 2015
Haydn, un grand compositeur | Maison de la Radio
Joseph Haydn est à la mode ce printemps. Un Expresso concert le jeudi 16 avril, un concert familial le samedi 18 à 11h, un autre concert le même jour à 20h, sans oublier le rendez-vous du 13 mai, nous poussent à revenir sur la personnalité d’un musicien qui, jusqu’à ces dernières années, était situé en retrait d’un Beethoven ou d’un Mozart.

IL Y A des compositeurs longtemps oubliés, qui sont revenus à la surface, on espère pour toujours : ce fut le cas autrefois de Monteverdi. Il y a des compositeurs qu’on aimait pour de mauvaises raisons, qu’on croyait devoir détester pour de bonnes raisons, et qu’on aime désormais pour de bonnes raisons : Richard Strauss, Puccini sont de ceux-là. Il y a aussi des compositeurs qu’on aimait autrefois, mais de loin, ou plutôt qu’on respectait. Le mot respect a ceci d’avantageux qu’il ne veut plus rien dire : mot-clef du vocabulaire politiquement correct, il exprime à la fois la considération, la bienveillance, la déférence, dans son sens classique ; mais aussi, depuis quelque temps, par un glissement insidieux, l’exigence de soumission, l’interdiction de contredire.
 
Haydn, c’est un compositeur qu’on a souvent et longtemps respecté – au sens classique du mot, précisons-le. Sa perruque soignée, sa mine discrètement hautaine, son âge respectable (il est mort à soixante-dix-sept ans, et semble n’avoir jamais été vraiment jeune), son catalogue impressionnant (cent quatre symphonies !) forçaient le respect. Jusqu’à son nom, qu’on ne savait pas trop comment prononcer : Haïd’n ? Ha-ï-deunn’ ? Certains même allaient le confondre avec une autre perruque, Haendel (Ha-enn-dell ?), autrement agitée celle-là. Bref, Haydn avait tout d’un patriarche, Mozart avait raison de l’appeler « Papa Haydn », et Beethoven, à leur suite, ne pouvait que dégrafer son nœud de cravate et faire valser sa perruque. Comme l’écrit Berlioz, Haydn « était un grand musicien simple ; et simplement un grand musicien. Il devait aimer le vin sucré et porter beaucoup de flanelle ». Ou encore Nietzsche : « Pour autant que le génie puisse s’associer à la pure et simple bonté de caractère, Haydn l’a possédé. Il va exactement jusqu’à la limite que la moralité impose à l’intelligence ».
 
 
Émancipation
 
Mais le temps a passé. Aujourd’hui, Haydn n’est plus considéré comme un maillon entre Bach et Beethoven, il n’est plus l’oncle ou le grand-père de Mozart. On le considère pour ce qu’il est : un compositeur prolifique (il n’y a pas que les symphonies : il y a les quatuors par exemple, et les 126 trios avec baryton à cordes !) qui sut se renouveler dans chacune de ses partitions ; un esprit ouvert, contemporain du mouvement littéraire Sturm und Drang et de l’idéalisme d’un Kant ; un esprit plein de fantaisie qui sut tourner à son avantage sa position de musicien appointé au château des princes Esterhazy. Il raconte lui-même : « Placé à la tête d’un orchestre, je pouvais me livrer à des expériences, observer ce qui provoque l’effet ou l’amoindrit et par suite, corriger, ajouter, retrancher, en un mot oser ; isolé du monde, je n’avais auprès de moi personne qui pût me faire douter de moi ou me tracasser, force m’était donc de devenir original ».
 
La musique de Haydn est désormais écoutée pour elle-même, qu’il s’agisse des symphonies, des oratorios (Les Saisons, La Création), des quatuors et même des opéras, qu’un Antal Dorati a enregistré autrefois comme le pionnier qu’il était. Aujourd’hui, les chefs font toujours travailler Haydn à leurs orchestres pour faire connaître les bases du langage dit classique, mais aussi parce que cette musique a une sève, une vitalité peu communes. Un jeune chef comme Jean-Luc Tingaud affirme d’ailleurs que les symphonies de Haydn lui donnent bien plus de plaisir à diriger que celles de Schubert.
 
Sans doute l’évolution des façons de jouer, depuis vingt ou trente ans, est-elle pour beaucoup dans cette révision du jugement porté sur le musicien. Sans doute aussi un ouvrage comme celui publié par Marc Vignal chez Fayard a-t-il ouvert les yeux. Haydn n’est plus une esquisse de Beethoven ou un Mozart timide, Haydn est Haydn. D’ailleurs, la Symphonie des jouets, dont on lui attribuait autrefois la paternité, revient maintenant à son véritable auteur : Leopold Mozart, le vrai papa de Wolfgang.
 
Florian Héro
 
Tous les concerts cités seront diffusés ultérieurement sur France Musique.

 

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