La dernière partition de Rachmaninov

Jeudi 10 juillet 2014
La dernière partition de Rachmaninov | Maison de la Radio

Vous trouvez Rachmaninov sentimental ? Goûtez la violence et l’ambiguïté de ses Danses symphoniques, telles qu’elles seront défendues par l’Orchestre National de France, le 23 juillet, dans le cadre du Festival de Radio France et Montpellier.

Les Danses symphoniques de Rachmaninov, intitulées au départ Danses fantastiques, se composent de trois pièces dont les titres originaux (« Jour », « Crépuscule » et « Minuit ») disaient toute la progression implacable. Elles procèdent en partie d’un ballet laissé inachevé un quart de siècle plus tôt par le compositeur, Les Scythes. Il s’agit là de la toute dernière œuvre de Rachmaninov, une des plus belles et des plus puissantes qu’il ait laissées. On conseillera de l’écouter, en particulier, à ceux qui en sont restés aux sanglots d’un musicien trop souvent qualifié de larmoyant ou d’hollywoodien. Ils en goûteront avec surprise le dynamisme rythmique et l’éclat orchestral, avec cet usage si expressif du cor anglais, de la clarinette basse et, dans la première danse, du saxophone.

Dans la première danse (bizarrement notée Non allegro), précisément, Rachmaninov cite un thème de sa Première Symphonie, dont l’insuccès, lors de sa création en 1897, l’avait cruellement blessé. Curieusement notée Non Allegro, elle est d’abord d’une énergie et d’un dessin qui font penser à Prokofiev. Un second épisode, méditatif, précède un troisième épisode confié aux cordes, puis la musique accélère et retrouve le motif du début, avec sa petite phrase caractéristique à la flûte. C’est alors, mais alors seulement, que Rachmaninov se permet d’être sentimental.

La deuxième danse (Andante con moto) est une valse de grande dimension. Elle fait d’abord la part belle au violon solo et au cor anglais, mais Rachmaninov trouve ici sa voie propre dans le renouvellement du tournoiement éternel, un tournoiement inquiétant, avec des volutes incisives confiées aux bois, aussi éloigné de Tchaïkovski que de Mahler ou de Sibelius.

La dernière danse (Lento assai – Allegro vivace – Lento assai come prima) est le volet le plus complexe et le plus grouillant du triptyque. Il fait retentir des cloches, semble nous transporter un moment en Espagne, mais c’est pour mieux nous égarer, multiplier les ambiances, et citer le Dies irae et la psalmodie russe orthodoxe « Béni soit le Seigneur ». Les Danses symphoniques de Rachmaninov, trop ambiguës, trop riches de matière pour être simplement chorégraphiques, s’achèvent par une danse macabre transcendée.

Composées en 1940, les Danses symphoniques furent créées le 3 janvier 1941 par l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Eugène Ormandy. Rachmaninov en réalisera une version pour deux pianos, mais ne composera plus aucune partition par la suite.

Christian Wasselin

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