La Première Symphonie de Dutilleux

Mardi 29 septembre 2015
La Première Symphonie de Dutilleux | Maison de la Radio
Radio France célèbre, tout au long de cette saison, le centenaire de la naissance de Henri Dutilleux (1916-2013), musicien exigeant auquel nous devons une série d’œuvres peu nombreuses mais ciselées, un peu à la manière de Dukas : une sonate pour piano, un quatuor, un ballet, un concerto pour violon, un concerto pour violoncelle, mais deux symphonies. La première nous revient le 30 septembre (à Amiens) et le 1er octobre (à la Maison de la radio) ; elle sera jouée par l’Orchestre National qui en assura en 1951 la création radiophonique.

« C’EST SANS DOUTE dans le domaine symphonique que j’ai donné le meilleur de moi-même », confiait Henri Dutilleux. Cette inclination fut aussi stimulée par le contexte de l’après-guerre : « J’étais d’emblée sollicité par les grands orchestres étrangers, pour la symphonie ; en écrire aux yeux des sériels, c’était revenir au passé : être rétrograde ! »
 
La Symphonie n° 1 (l'œuvre la plus ambitieuse qu’il ait composée jusqu'alors) fut toutefois entendue pour la première fois en France, sur les ondes de la RTF par l’orchestre de la maison (qui prit le nom d’Orchestre National de France en 1974), le 7 juin 1951, sous la direction de Roger Désormière (la première audition publique eut lieu le 29 juillet 1952, au Festival d’Aix-en-Provence, par l’Orchestre du Südwestfunk sous la direction de Jean Martinon). Dutilleux était d’ailleurs directeur du service des illustrations musicales de la Radiodiffusion depuis 1945, et avait fait ses armes en écrivant des musiques pour la scène, la radio et le cinéma dans les années 1940 (partitions inédites ou ensuite retirées de son catalogue). Ironie du sort, le septième art le rattrapa quand Maurice Pialat utilisa l’Intermezzo de la Symphonie n° 1 dans Sous le soleil de Satan, palme d’or au festival de Cannes en 1987.
 
Cette Symphonie n° 1 porte un titre générique, adopte une coupe en quatre mouvements, dénote l’influence de Prokofiev (de l’aveu même du compositeur) et de Bartók. Mais elle témoigne déjà d’une propension aux formes originales, en marge des structures traditionnelles. Sous le foisonnement du discours et les couleurs aux multiples irisations se dissimule une remarquable économie du matériau, gage de l’unité qui repose ici sur le monothématisme de chacun des mouvements.
 
 
Baroque et nocturne
 
La partition commence par une Passacaille, structure sur basse obstinée qui était à l’origine une danse, en vogue surtout à l’époque baroque. Mais l’idée de répétition infiltre la totalité de l’œuvre : le Scherzo, enchaîné à la Passacaille, est un mouvement perpétuel ; le thème des Variazioni découle de la mélodie du lancinant Intermezzo, le Finale mêlant en outre des rappels des autres mouvements. Les dernières mesures se dissolvent dans le silence d’où la Passacaille avait émergé. « Ainsi s’établit une transition entre le monde réel et imaginaire. C’est un peu comme la naissance et le déroulement d’un rêve », observe Dutilleux. On pense alors à ses partitions évoquant la nuit, moment propice aux visions oniriques : Sur le même accord, sous-titré « Nocturne pour violon et orchestre » ; le Quatuor à cordes Ainsi la nuit ; le diptyque orchestral Timbres, espace, mouvement ou La Nuit étoilée.
 
À la franchise des paysages diurnes, le musicien préfère le mystère d’un monde propice aux associations d’idées dont la cohérence se dérobe à la conscience pour favoriser nos songes.
 
Hélène Cao
 
Le concert du 1er octobre sera diffusé en direct sur France Musique.

 

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