Le Grand Rex, une odyssée

Mercredi 27 Février 2019
Le Grand Rex, une odyssée | Maison de la Radio
C’est au Grand Rex, monument de style Art-déco, que sera projeté 2001, l’Odyssée de l’espace, le 17 mars, avec la participation du Chœur de Radio France et de l’Orchestre National de France.
2001, l’Odyssée de l’espace projeté sur l’un des plus grands écrans du monde… un vaisseau avance dans l’espace, il rejoint une station orbitale qui tourne sur elle-même, majestueusement. Le couple danse dans le vide sur Le Beau Danube bleu qu’interprètent, dans la salle du Grand Rex à Paris, le Chœur de Radio France et l’Orchestre National de France : une nouvelle folie du plus incroyable des cinémas parisiens, qui lutte pour que le cinéma reste une fête.
 
Naissance d’un lieu mythique
 
Le Grand Rex est le rêve d’un homme, Jacques Haïk, qui, dans les années 30, possède plusieurs salles de spectacles à Paris dont l’Olympia, et se lance dans la construction de la plus resplendissante salle de cinéma de Paris, de France… et du monde ! Ce sera le Grand Rex, sis 1, boulevard Poissonnière. Haïk fait appel à deux architectes : un américain, John Eberson, et un français, Auguste Bluysen. Ils s’inspirent d’un projet monumental qui voit le jour au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique : le Radio City Music Hall, à New York, non loin de Time Square et du Carnegie Hall.
Les architectes élèvent un bâtiment assemblé autour d’un million de poutrelles d’acier. L’œuvre est folle. Son apparat plus encore. À l’extérieur, c’est bien New York qui clignote en lettres rouges sur la façade d’un gratte-ciel Art-déco ; à l’intérieur, sur deux milles mètres carrés, se mélangent balcons italiens, statues gréco-romaines, fragments d’haciendas espagnoles, sous le fastes des tapis rouges, avec miroirs et dorures. Le plafond haut de trente mètres, peinture d’Eberson, nous plonge dans une nuit méditerranéenne surplombée d’un ciel bleu profond où chaque étoile est bien sûr une star de cinéma. La jauge de trois milles places est à la hauteur de l’opulence du projet, qui va jusqu’à installer un chenil, une nurserie et une infirmerie dans les sous-sols ! Le journaliste Max Renneville écrit dans la revue Cinémonde, le 29 octobre 1931 : « Voici la silhouette de ce nouveau palais, où nous aurons accès dans quelques mois. Sa messe imposante, déjà inscrite dans le ciel en lignes majestueuses, atteste la vigueur du cinéma français et la confiance de ceux qui mènent vers de plus larges horizons cette grande industrie nationale ».

Claquettes et mousquetaires
 
Le Grand Rex est inauguré le 8 décembre 1932 avec orchestre, claquettes et ballet. Sur l’écran on projette Les Trois Mousquetaires d’Henri Diamant-Berger.
À la fin des années 1930, rattrapé par la crise, Haïk dépose le bilan et le vend le Grand Rex à Gaumont, qui le cédera ensuite à la famille Hellmann. Sous l'Occupation, les Allemands le réquisitionnent et le transforment en Soldatenkino, censé distraire les soldats allemands en diffusant des films de propagande et des films autorisés par les nazis. Quand vient la Libération, l’État récupère la salle et l’adapte en centre d’accueil des prisonniers de guerre rapatriés. En 1945, la famille Hellmann relance le cinéma en projetant les grands films hollywoodiens jusque-là interdits.
Dès lors, le Grand Rex sera régulièrement sous les feux de l’actualité. Citons la projection du premier Disney au Rex : Pinocchio, en 1946, ou la diffusion du premier film en Cinémascope : La Tunique, en 1953. Un an plus tard, autre innovation : La Féerie des eaux, spectacle aquatique, toujours applaudi aujourd’hui. En 1957, Gary Cooper inaugure l’escalator, et en 1963 le Rex reçoit Liz Taylor et Alfred Hitchcock, qui présentent respectivement Cléopâtre et Les Oiseaux. Les années 70 arrivent, Le « dancing » historique Le Rêve devient le Rex Club. En 1988, le cinéma s’offre un écran géant de 300 mètres carré, le plus grand d'Europe ; il est baptisé le Grand Large et inauguré avec la projection du Grand Bleu de Luc Besson.

D’autres cinémas spectaculaires
 
La popularité des films parlants, au début des années 30 (le premier, The Jazz Singer d’Alan Crosland, avec Al Jolson, sort en octobre 1927) a donné un nouveau souffle au cinéma. Il faut donc adapter les salles et en construire de nouvelles. C’est ainsi qu’outre le Grand Rex, d’autres cinémas, rapidement devenus emblématiques, ont ouvert leurs portes à Paris. Deux d’entre eux sont restés mythiques, l’un rénové depuis 2013 et l’autre en cours de restauration, dont la réouverture est prévue pour 2020.
Le Louxor, inauguré en 1921, réalisé dans un style Art-déco inspiré de l’Égypte antique, tient son nom de l’ancienne capitale des rois du Nil. Ce cinéma offre lui aussi une grande variété de programmes jusqu’en 1983, date de sa fermeture due à la baisse de la fréquentation dont il est victime. Après de nombreuses années de restructuration, le Louxor est ré-inauguré le 17 avril 2013. Il retrouve son éclat et les lettres « Louxor-Palais du cinéma » s’exposent de nouveau fièrement boulevard Magenta.
Il y a aussi La Pagode, cinéma de la rue de Babylone installé dans un lieu typiquement japonais : un pavillon fin XIXe classé monument historique entouré d’un jardin lui aussi protégé. Ouverte au public en 1931, La Pagode s’investit particulièrement dans la défense et illustration des films de la Nouvelle Vague du début des années 60. L’endroit devenant vétuste ferme en novembre 2015. Un projet de restauration laisse espérer sa réouverture, prévue pour 2020, grâce à sa propriétaire Elisabeth Dauchy et au financement du mécène new-yorkais Charles S. Cohen.

Un vieux monsieur toujours jeune
 
Le Grand Rex, classé monument historique en 1981, est le seul cinéma dont le décor n’ait jamais changé (les statues gréco-romaines sont toujours là !) et ne cesse d’être à l’affût d’événements et de spectacles hors de l’ordinaire. Sans perdre son âme ni sa démesure, il s'adapte au monde d’aujourd’hui, s’équipe des dernières technologies, organise des festivals, des avant-premières et… des concerts. Le 17 mars, musique et cinéma y vivront une odyssée commune.
 
Gabrielle Oliveira Guyon

L'Odyssée de l'Espace sur écran géant

2001, l'Odyssée de l'Espace sur écran géant

2001, l'Odyssée de l'Espace sur écran géant | Maison de la Radio
Ciné-concert

Chœur de Radio France
Orchestre National de France

Pieter-Jelle de Boer direction
Projeté au Grand Rex dans des conditions spectaculaires, le chef d’œuvre de Kubrick trouvera dans le Chœur et l’Orchestre National de France, présents en direct, le...
Dimanche17mars201917h00 HORS LES MURS Le Grand REX

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