Le paradis selon Schumann

Mardi 26 mai 2015
Le paradis selon Schumann | Maison de la Radio
Jérémie Rhorer, à la tête du Chœur de Radio France et de l’Orchestre National, dirigera le 4 juin, en la basilique de Saint-Denis, le sublime oratorio de Schumann qui a pour titre Le Paradis et la péri. Une partition ailée. L’âme de Schumann transfigurée.

SCHUMANN AVAIT BEAU FAIRE de l’opéra allemand sa « prière du soir et du matin », il lui a fallu attendre 1850 pour que Genoveva, son unique opéra, voie le jour sur la scène.  Cet ouvrage, qui eut le malheur d’être créé la même année que Lohengrin (1850), a connu un destin moins favorable encore que les Scènes de Faust du même Schumann, lesquelles, pour n’être pas conçues sous la forme d’un opéra, sont cependant de loin en loin représentées dans certains théâtres. Il est vrai qu’avec Genoveva, Schumann a conçu davantage un poème lyrique qu’un ouvrage efficace pour la scène, et la partition répugne jusqu’au bout à s’exhiber. Une partition à ce point farouche qu’elle refuse de livrer tous ses secrets.
 
Mais avant de se lancer dans la composition de ce déroutant opéra, Schumann avait illustré à plusieurs reprises le genre de l’oratorio avec notamment les Scènes de Faust, qu’on a citées, et Le Paradis et la péri, esquissé dès 1841 et achevé l’année suivante (on pourrait citer aussi Manfred, mais la forme nous entraîne ailleurs, entre montagne et abîme). Moins déconcertant par sa construction que Faust, Le Paradis et la péri s’inspire d’un poème de Thomas Moore et raconte le parcours initiatique d’une péri, c’est-à-dire d’une fée de la tradition persane, dans un Orient de fantaisie.
 
Tout n’est ici qu’envol
 
Il s’agit là de l’une des œuvres de Schumann les plus débordantes d’inspiration. Abondance mélodique, chœurs dans la veine de Mendelssohn, souvenirs orchestraux du Songe d’une nuit d’été du même Mendelssohn, orchestration pittoresque (ce qui est rare chez Schumann mais s’explique par le sujet) ou plutôt évocatrice, cette partition est une merveille de bout en bout, un jaillissement, un élan devenu musique. Les finales jubilants de la première et de la troisième partie, celui, beaucoup plus grave, de la deuxième, l’air de la jeune fille qui meurt d’amour, à la fois léger et enflammé, dans la deuxième partie (oh, quand elle chante « Trink meine Träne, auch mein Blut » !), et le rôle entier de la péri, qui semble sortir d’un opéra idéal, enchantent à chaque seconde. Comme l’exprime avec enthousiasme Jean-Alexandre Ménétrier, « comme toujours chez Schumann, dont l’inspiration s’exprimait par éruptions isolées, le premier effort vit naître l’œuvre la plus parfaite. Jamais dans les autres œuvres chorales il ne retrouva cet élan irrésistible, cette fraîcheur, cette spontanéité. Le Paradis et la péri, œuvre radieuse, étrangement nimbée de lumière, de bonheur, marque la fin de la carrière heureuse de Schumann ».
 
Le compositeur avait conscience d’avoir écrit là « mon plus grand travail, et aussi, je l’espère, le meilleur », et ajoute : « Le cœur rempli de gratitude envers le Ciel qui tint mes forces en éveil tout le temps de la composition, j’ai écrit le mot fine au bas de la partition ».
 
La création eut lieu le 4 décembre 1842 à Leipzig, sous la direction de Schumann lui-même, Clara et Mendelssohn ayant participé aux répétitions.
 
Florian Héro
 
Le concert du 4 juin sera diffusé en direct sur France Musique.
 

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