Le Plumier d'Henri IV

Un partenariat Radio France - Lycée Henri IV

Jeudi 20 décembre 2018
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Le Plumier d'Henri IV | Maison de la Radio
Au cours de l’année scolaire et de la saison musicale 2018-2019, 25 élèves de  Seconde et de Première ayant choisi l'option facultative musique du lycée Henri IV sont engagés dans un projet musical et littéraire avec les quatre formations musicales de Radio France.

Radio France et le lycée Henri IV reconduisent ainsi un partenariat qui avait été initié par Cécile Pariaud, enseignante en éducation musicale.

Quatre concerts du soir ont été retenus qui feront l’objet d’un travail d’écriture spécifique :
→ Bernstein, Sérénade pour violon - Mercredi 5 décembre 2018 - 20h à Radio France
→ Rêve de Hongrie – Barbara Hannigan - Vendredi 25 janvier 2019 - 20h à Radio France
→ Berlioz, Damnation de Faust - Dimanche 3 février 2019 - 19h à la Philharmonie de Paris
→ 2001, Odyssée de l’espace au Grand Rex - Dimanche 17 mars 2019 - 17h au Grand Rex

Sous l’égide de Marie-Catherine Leblanc, professeur de Lettres, les lycéens rédigent deux textes de 1500 signes chacun (ou un seul texte de 3000 signes) intégrés sous la rubrique « Le Plumier d’Henri IV » dans le programme de salle de chacun des concerts.
Le travail d’écriture des lycéens précédé d’une analyse approfondie des œuvres musicales vise à développer leur créativité littéraire et  à exercer  leur sens critique.

Une approche vivante de la musique classique
→ Les lycéens assistent aux concerts choisis
→ Rencontres avec les musiciens de l’orchestre Philharmonique de Radio France et les artistes programmés, quand cela est possible.
 

Le plumier d'Henri IV

Rêve de Hongrie

Correspondance (fictive) entre un jeune musicien, amateur de Bartok, qui assiste à la création du Mandarin merveilleux dans sa version orchestrale, en 1928 à Cologne, et sa sœur :
 
Ma chère sœur,
Je t’écris ces quelques mots de Cologne, où je passe quelques jours pour travailler avec un professeur. Nous nous sommes rencontrés hier, lui et moi, et il m’a proposé d’assister à la création d’une œuvre de Bartok, Le Mandarin merveilleux. Tu penses bien que je n’ai pas hésité une seule seconde ! Mais ce que j’ai écouté est impossible à décrire avec des mots banals ; c’est tellement original et différent de tout ce que j’ai pu entendre auparavant ! Dans la salle, les gens criaient, sautaient, grinçaient des dents, personne ne semblait comprendre ce qu’il était en train d’entendre ! Ce fut d’abord comme un chaos : l’air était empreint d’une tension presque effrayante, voire diabolique. Dès le début, les cuivres hurlaient, vociféraient… C’était crispant ; et pourtant intrigant ! On aurait dit des klaxons dans une jungle urbaine. L’orchestre avait commencé en trombe mais il a brusquement laissé la place à un solo de clarinette, qui a créé soudainement comme une impression de vide… Puis les instruments se sont insérés petit à petit, comme si quelqu’un regardait, tournait avec curiosité et attention autour de quelque chose, sur un rythme de danse lascive et langoureuse… La clarinette et les cuivres dialoguaient, et de ce conflit naissait une musique où se mêlaient terreur et langueur. Les cordes, voluptueuses, s’épanouissaient tantôt dans des glissandi, tantôt dans des cavalcades ; les cuivres et les cordes se mélangeaient sans réellement se compléter, puis plus rien ! Brusquement, un chœur sans texte ; toutes les cordes, ensemble, sont devenues presque irréelles, à l’agonie. Puis tout s’est estompé, l’orchestre a achevé la pièce note après note, jusqu’au retour au silence… Il y a, je crois, une sorte d’argument à cette pièce, un livret, que je ne connais pas. Mais j’ai senti, dans cette musique, un je ne sais quoi de sauvage et de lascif à la fois, de sordide et de magnifique, de noble et de vulgaire… Aucune description ne vaut l’expérience sensorielle de ce concert : tout ce que je peux dire, c’est que tout ça m’a mis à la fois dans une attente incompréhensible et dans une confusion totale… Il faut que j’y retourne !
Je t’embrasse.
Franz
 
Mon cher petit frère,
Je vois que tu profites grandement de ton escapade à Cologne. La manière dont tu racontes ce concert a piqué ma curiosité ! Penses-tu que cette pièce sera un jour jouée à Paris ? Ce que tu me dis de la réaction du public me fait penser à la création du Sacre du printemps de Stravinsky, à laquelle nous avions assisté quand nous étions petits (peut-être ne t’en souviens-tu pas, tu étais très jeune). La musique avait rendu le public à moitié fou ! On entendait à peine les musiciens jouer, et notre oncle s’était empressé de nous sortir de ce chaos en jurant et en pestant contre ce qu’il avait d’ores et déjà appelé « Le Massacre du printemps » ! Il me semble que la pièce fut rapidement interdite ; est-ce le cas pour Le Mandarin merveilleux ? Quant à moi, je suis allée écouter une pièce de Ravel la semaine dernière : Daphnis et Chloé ; le dernier mouvement a provoqué les mêmes surprises et incompréhensions que tu as constatées à Cologne ! C’est une bacchanale, cela te donne une idée de la violence et de l’étrangeté de la musique ! Il semblerait que les compositeurs veuillent tenter de nouvelles approches, en essayant de moderniser, d’innover… Le public freine pourtant des quatre fers ! Il faudra que nous en discutions à ton retour, j’ai hâte !
Écris-moi vite et à bientôt !
Marguerite
 

Sérénade pour violon de Bernstein

Dans le cadre d’un partenariat avec les formations musicales de Radio France, les élèves des classes de Seconde et de Première du Lycée Henri IV qui ont choisi de s’inscrire à l’option musique ont la chance d’assister à plusieurs concerts dans l’année. Parmi les programmes de chacun de ces concerts, une œuvre est choisie, contextualisée dans l’histoire de la musique, analysée dans sa composition, éclairée par des rencontres avec des solistes, des musiciens de l’orchestre ou même le compositeur : une approche intellectuelle et sensorielle qui trouve son aboutissement dans la création d’un objet littéraire. Pastiche, poème, journal intime imaginaire, portrait chinois, échange épistolaire fictif, article de presse apocryphe – une manière originale et artistique, pour ces lycéens, de concrétiser leur immersion dans une œuvre musicale.
Mmes Leblanc (Lettres classiques) et Pariaud (Éducation musicale) collaborent à l’enseignement de cette option facultative mutualisée.

Bernstein disait de sa Sérénade qu’elle était née de la lecture du Banquet de Platon, dialogue philosophique sur l’amour, et qu’elle était inspirée de « l’amour de son prochain ». La matière platonicienne ne fut en réalité qu’un prétexte, le point de départ d’un hymne à l’amour pour Bernstein qui disait : « Les êtres humains comptent plus que tout autre chose : je les ressens, les aime, les respecte et ne puis me passer d’eux. »

Ainsi, au violoniste Isaac Stern, créateur de l’œuvre qui s’interrogeait sur la manière de l’interpréter, Bernstein aurait-il répondu  : «  Pense juste à l’amour ! ».

Nous avons imaginé un dialogue poétique entre le compositeur et l’interprète :

Pense fort à l’amour, c’est bien facile à dire.
Pour vous, tout est matière à composer, écrire.
Mais comment exprimer l’idéal, le mystère ?
Sujet philosophique, matière littéraire…
Et je ne prétends pas concurrencer Platon
Moi qui, très humblement, n’ai que mon violon.

Pense juste à l’amour ! Laisse-toi transporter
Par la douceur des sons au rythme de l’archet.
Trouve en toi enfoui ce long frémissement
La beauté, la bonté, comme un envoûtement.

Pense fort à l’amour ! et sans plus te défendre
Libère en toi ce miel, laisse-le se répandre
Il fait trembler ton corps et rougir ton visage
Et la musique en est son plus bel apanage.

Pense juste à l’amour ! Il guidera tes songes.
Ce lac mystérieux dans lequel tu te plonges
Renferme des trésors, des mondes imaginaires
Et toi, violoniste, tu seras visionnaire.

Alors ce soir, pour moi, pense juste à l’amour !
Et laisse ma musique s’élever pour toujours.

 
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Les concerts

Bernstein Story, Missa brevis | Maison de la Radio

Bernstein Story, Missa brevis

Concert symphonique

Chœur de Radio France
Maîtrise de Radio France
Orchestre Philharmonique de Radio France

Leonard Slatkin direction / Lambert Wilson récitant
Pour finir en beauté la célébration des cent ans de Leonard Bernstein, deux œuvres du grand Lenny voisinent avec trois pages de son compatriote Aaron Copland.
Mercredi05décembre201820h00 Radio France - Auditorium
Rêve de Hongrie, Barbara Hannigan | Maison de la Radio

Rêve de Hongrie, Barbara Hannigan

Concert symphonique

Orchestre Philharmonique de Radio France

Barbara Hannigan direction / Luigi Gaggero cymbalum
De Haydn à Bartók et Ligeti : une histoire de la musique hongroise en six partitions.
Vendredi25janvier201920h00 Radio France - Auditorium
Berlioz, La Damnation de Faust | Maison de la Radio

Berlioz, La Damnation de Faust

Concert symphonique

Chœur de Radio France
Maîtrise de Radio France
Orchestre National de France

Charles Dutoit direction / John Osborn ténor
2019 est l’année du cent-cinquantenaire de la mort de Berlioz. l’Orchestre National, la Maîtrise et le Chœur nous emmènent, à la redécouverte d’une partition inépuisable.
Dimanche03Février201919h00 HORS LES MURS Philharmonie de Paris
2001, l'Odyssée de l'Espace sur écran géant | Maison de la Radio

2001, l'Odyssée de l'Espace sur écran géant

Ciné-concert

Chœur de Radio France
Orchestre National de France

Pieter-Jelle de Boer direction
Projeté au Grand Rex dans des conditions spectaculaires, le chef d’œuvre de Kubrick trouvera dans le Chœur et l’Orchestre National de France, présents en direct, le...
Dimanche17mars201917h00 HORS LES MURS Le Grand REX

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