Leonardo García Alarcón, savant et populaire

Mercredi 5 septembre 2018
Leonardo García Alarcón, savant et populaire | Maison de la Radio
Le 6 novembre, le chef d'orchestre argentin nous emmènera en Catalogne en compagnie de sa Cappella Mediterranea et du chanteur Joan Manuel Serrat.
Leonardo García Alarcón a surgi en peu d’années comme le chef d’orchestre obligé de la planète baroque. Argentin par ses origines, mais détenteur de la double nationalité suisse et argentine, il est réclamé par les plus grandes institutions musicales et lyriques, de l’Opéra de Paris au Teatro de la Zarzuela de Madrid et au Grand-Théâtre de Genève, ville où il a fait ses premières armes, où il réside et qu’il affectionne particulièrement : « À Genève, on peut transporter avec soi ses origines. » C’est sous l’égide de Gabriel Garrido, autre Argentin adopté par la Suisse, qu’il se lance dans l’aventure baroque, tout en recevant également les soutiens de John Eliot Gardiner et de Philippe Herreweghe.

Sous le patronage de ces maîtres institués, il crée il y a une dizaine d’années son ensemble Cappella Mediterranea, responsabilité qu’il cumule peu après avec celle du Millenium Orchestra, qu’il fonde également pour accompagner le Chœur de chambre de Namur, dont il prend la direction en 2010, l’une des meilleures formations chorales baroques actuelles. Il se partage ainsi entre Genève, la France (notamment comme pilier assidu du Festival d’Ambronay et, depuis cette année, artiste en résidence à l’Opéra de Dijon), la Belgique, mais aussi des retours sporadiques dans son Amérique du Sud natale. Une forme d’éclectisme géographique, auquel correspond l’éclectisme de son répertoire. Avec un goût et une vocation pour redonner vie à des œuvres méconnues.

Cavalli, Sacrati, Draghi

C’est ainsi que l’on doit à ce chef d’à peine quarante-deux ans la remise à l’ordre du jour des opéras de Cavalli : Eliogabalo, pour ouvrir la saison de l’Opéra de Paris en 2016, Il Giasone à Genève et Erismena au Festival d’Aix-en-Provence 2017. Ou la prochaine redécouverte (à l’Opéra de Dijon) de La finta pazza de Francesco Sacrati, tout premier opéra importé à Paris (aux fins de célébrer les 350 ans de l’Académie royale de musique, l’Opéra de Paris, qu’il marquera bientôt avec Les Indes galantes de Rameau à la Bastille). Ou alors El Prometeo d’Antonio Draghi, qu’il vient de recréer à Dijon. Un opéra qui lui ressemble : sur un livret en espagnol mais créé à Vienne en 1669 et une musique d’un compositeur italien. L’empire de Charles Quint en quelque sorte, sur lequel « le soleil ne se couche jamais ».

Car García Alarcón s’attache aussi au répertoire de ses racines. Après son concert « Carmina latina » fait d’œuvres des Amériques baroques et présenté depuis 2015 dans différents lieux, après La guerra de los gigantes et El imposible mayor en amor (datés du début du XVIIIe siècle) de Sebastián Durón au Teatro de la Zarzuela de Madrid en 2016, il devrait s’attaquer dans un avenir proche à Celos aun del aire matan de Juan Hidalgo, autre opéra espagnol, écrit en 1660. En témoigne tout autant son concert à Radio France, le 6 novembre, composé de pages de Francisco Valls, Mateo Flecha, José Marín ou Federico Mompou, qui tiendront compagnie à des chansons de Joan Manuel Serrat. À la croisée des chemins, entre musique savante et populaire.

Pierre-René Serna

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