Macbeth selon Verdi

Mardi 14 avril 2015
Macbeth selon Verdi | Maison de la Radio
Verdi a toujours rêvé de composer un Roi Lear. Mais c’est Macbeth qui l’inspira d’abord, avant qu’il revienne à Shakespeare, à la fin de sa carrière, avec Otello et Falstaff. Après Falstaff en 2010, précisément, Daniele Gatti et l’Orchestre National retrouvent le metteur en scène Mario Martone, du 4 au 16 mai, à l’occasion de cinq représentations de Macbeth au Théâtre des Champs-Élysées.

LE POINT COMMUN entre Macbeth et Falstaff ? Un forêt qui bouge. Quand bien même elle serait enchantée dans le second cas et guerrière dans le premier. Car les deux ouvrages, même si l’on oublie que le premier est une tragédie sanglante et le second une comédie à la fois robuste et mélancolie (inspirée par plusieurs pièces de Shakespeare, car Sir John Falstaff est ce qu’on appelle un personnage récurrent), ont peu à voir musicalement. Le premier est rugueux, paye encore son tribut à l’art du bel canto (comme en témoigne l’air d’entrée de Lady Macbeth), alors que le second n’est que concision et fluidité, sans que l’influence de Wagner, contrairement à ce qu’on répète ici ou là, se fasse jamais sentir. On ne voit vraiment pas pourquoi Verdi, à quatre-vingts ans, soit une décennie après la mort de Wagner, se serait amusé à singer ce dernier !
 
Une précision cependant : Macbeth est un opéra de 1847, certes, qui fut créé à Florence, mais l’ouvrage fut repris dix-huit ans plus tard par Verdi dans le but d’une création française (et en français) au Théâtre-Lyrique, c'est-à-dire dans le bâtiment qui accueille l'actuel Théâtre de la Ville (bâtiment dont l'intérieur a été entièrement refait il y a une quarantaine d'années). A cette occasion, le compositeur modifia quelque peu sa partition et notamment priva Macbeth de son air final, qui avait quelque chose d’une réhabilitation.
 
Comme un parfum de Boris Godounov
 
Le personnage principal de l’opéra n’est d’ailleurs pas Macbeth lui-même, qui a parfois des allures de Boris Godounov (notamment au moment de son hallucination du deuxième acte), mais sa femme, la sombre et retorse Lady Macbeth, qui pousse au crime son époux. C’est elle qui est le cerveau de l’entreprise, c’est elle aussi qui a droit aux pages les plus saisissantes de la partition, notamment la scène dite de somnambulisme du dernier acte, héritière dans l’esprit des grandes scènes de folie du temps du bel canto.
 
C’est opéra noir, comme on parle d’un roman noir, va être représenté avenue Montaigne sous la direction de Daniele Gatti. Le chef italien avoue qu’il n’a pas songé un instant en retenir la version française, qui n’est autre que la traduction en français du livret tel qu’il fut modifié en 1865. Contrairement à Don Carlos et aux Vêpres siciliennes en effet, Macbeth est un opéra italien fait pour l’Italie, et l’adaptation française ne tombe pas naturellement dans la bouche des chanteurs. Ou comment le gant de Verdi et de son librettiste Piave recouvrent avec passion, sinon avec fidélité, la main sanglante de Shakespeare.
 
Florian Héro
 
La représentation du 13 mai sera diffusée en direct sur France Musique et sur les antennes de l’UER.

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