Musiques de pirates

Lundi 9 mars 2020
Musiques de pirates | Maison de la Radio
30 mai : le drapeau noir se lève sur Radio France.
Moussaillons approchez. N’ayez-pas peur de ce cache-œil, de mon tricorne usé et de ce sabre aussi rouillé qu’aiguisé… Bienvenue, je vous présente l’équipage du Radio France, grand trois mats à voiles carrées aussi nommé « flûte » dans notre jargon de marins. Dans quelques heures nous larguerons les amarres. Entre deux pillages, il faudra bien qu’on s’occupe ! Alors, j’espère que vous avez pris vos instruments avec vous. Ils accompagneront nos chants et nos danses lors des longues nuits de veillée sur le pont. J’adore quand les airs et les chansons du continent se mêlent à la symphonie des embruns, au frottement des cordages et aux grincements des haubans.

Tiens en parlant de chanson, j’en connais une vraiment terrible : Z’étions quinz’hommes su’l’coffre du mort ! Hisse et oh ! – et une bouteille de rhum ! Vous reconnaissez ? Ça vous dit quelque chose ? C’est l’air entonné par le vieux Billy Bones dès les premières lignes de L’Île au trésor (1883) de Robert Louis Stevenson ! Je vous l’accorde, c’est un roman anachronique car notre âge d’or se situe plutôt entre 1640 et 1720. Mais il faut bien se donner du courage pour accomplir nos tâches quotidiennes… et pour cela rien de mieux que les chansons !

Philippe Hrodej, digne professeur et spécialiste de l’histoire du commerce colonial et des flibustiers à l’époque moderne, est formel : Il y avait très probablement de la musique sur nos bateaux. Mais quelle musique ? Impossible de le savoir… En revanche vous avez le droit d’imaginer un répertoire cosmopolite composé d’airs traditionnels venus de tous horizons ! Des auteurs comme Jean-Baptiste Labat évoquent bien les chants et les danses d’esclaves dans son ouvrage Voyage aux isles (1693-1705), sur les flibustiers des Caraïbes. Et si on cherche bien, on peut retrouver des archives qui répertorient la présence de petits orchestres à bords de grands navires corsaires ! Même sur un petit navire, pensez bien que si l’on part pendant des mois et qu’on a un petit talent de musicien, on ne va se priver de jouer du violon, du hautbois ou de la guitare ! Cependant, enlevez tout de suite de votre esprit l’image du pirate avec un accordéon comme dans le jeu vidéo Sea of thieves. Cet instrument n’existait pas encore à notre époque.

Les musiciens, comme les écrivains ou les peintres se sont intéressés à notre activité qui date tout de même de l’Antiquité. À l’opéra, nous avons inspiré des ouvrages fameux comme Le Vaisseau fantôme (1843) de Wagner ou encore Le Pirate (1827) de Bellini. L’opéra de Wagner raconte l’histoire d’un capitaine intrépide qui a la mauvaise idée de défier Dieu et la tempête… Résultat : il est condamné à errer éternellement comme une âme damnée sur les vagues de l’Atlantique. Le Pirate campe une histoire plus ancienne, située au Moyen-Âge dans la Méditerranée. Cap sur le XIIIe siècle et les rivages siciliens. Imogène est amoureuse d’un chef pirate nommé Gualterio mais le bougre est tué dans un duel provoqué par l’époux d’Imogène, le cruel Ernesto. En France saviez-vous que la première version, hélas perdue, de la « Chanson des brigands », extraite du mélologue Lélio ou le Retour à la vie (1831) de Berlioz, s’inspirait d’un poème de Victor Hugo et d’une vraie fausse musique de pirate ?  C’est ce que le musicien explique dans une lettre adressée à son ami Humbert Ferrand le 2 février 1829 : « Avez-vous lu les Orientales de Victor Hugo ? Il y a des milliers de sublimités. J'ai fait sa chanson des pirates avec accompagnement de tempête ; si je la mets au net et que j'ai le temps de la recopier, je vous l'enverrai avec Faust. C'est de la musique d'écumeur de mer, de forban, de brigand, de flibustier, à voix rauque et sauvage ; mais je n'ai pas besoin de vous mettre au fait, vous comprenez la musique poétique aussi bien que moi. » En 1844, il compose également une ouverture intitulée Le Corsaire qui s’inspire de la nouvelle Le Corsaire rouge (1827) de Fenimore Cooper.

Finalement, que ce soit dans les faubourgs mal famés de Londres avec La Fiancée du pirate extrait de L’Opéra des quat’sous (1928) de Kurt Weill, à Versailles, avec le Ballet des arts de Lully, ou à Trieste avec Il corsaro de Verdi en 1848, on peut dire que nous avons su conquérir le cœur des compositeurs. Notre dernière prise ? le Concerto pour pirate de Dylan Corlay, un « théâtre-orchestral » pour petits et grands qui mêle musique, théâtre, danse et vidéo. Embarquement le 30 mai 2020 à la Maison de Radio France.
 
Max Dozolme
 

Ecouter le concert pour pirates

Dylan Corlay, Concerto pour pirate - Annulé | Maison de la Radio

Dylan Corlay, Concerto pour pirate - Annulé

Concert Jeune public À partir de 5 ans

Orchestre Philharmonique de Radio France

Musique, théâtre, danse, vidéo s’unissent et vous invitent à faire résonner vos voix pour hisser les voiles. 
Dimanche31mai202016h00 Maison de la radio - Studio 104
Dylan Corlay, Concerto pour pirate - Annulé | Maison de la Radio

Dylan Corlay, Concerto pour pirate - Annulé

Concert Jeune public À partir de 5 ans

Orchestre Philharmonique de Radio France

Musique, théâtre, danse, vidéo s’unissent et vous invitent à faire résonner vos voix pour hisser les voiles. 
Dimanche31mai202019h00 Maison de la radio - Studio 104

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