Strauss, Böhm, Krivine : une filiation

Jeudi 2 avril 2020
Strauss, Böhm, Krivine : une filiation | Maison de la Radio
Le directeur musical de l’Orchestre National de France dirige par trois fois cette saison Richard Strauss. Un compositeur qui fut l’ami de Karl Böhm, le chef qui a décidé de la carrière d’Emmanuel Krivine.
Il y a Brahms dans le cœur d’Emmanuel Krivine. « Cela date de l’époque où j’ai rencontré Karl Böhm à Salzbourg en 1965, explique-t-il à Michel Le Naour. Outre Richard Strauss, Brahms occupe pour moi une place privilégiée ; avec l’Orchestre de Bamberg, j’ai eu l’occasion d’enregistrer les quatre symphonies en 1995 et d’autres pages symphoniques. ». Il est vrai qu’Emmanuel Krivine a souhaité reprendre les quatre symphonies de Brahms, lors de la saison 2018-2019, avec cette fois l’Orchestre National de France, dont il est le directeur musical jusqu’à la fin de la saison 2020-2021.

Mais il y a aussi Richard Strauss. Ce n’est pas un hasard : Richard Strauss n’a-t-il pas fondé le Festival de Salzbourg en 1920 en compagnie d’une poignée d’artistes parmi lesquels Hugo von Hofmannsthal, Max Reinhardt, Alfred Roller et Franz Schalk ?
 
Silencieuse et sans ombre
 
Richard Strauss est l’un de ces compositeurs qui, au tournant du XIXe et du XXe siècle, et jusqu’à l’ultime Capriccio (1942), dont Emmanuel Krivine dirigera cette saison la scène finale, continueront de cultiver la forme de l’opéra. Karl Böhm fait sa rencontre au tout début des années 1930 : c’est le début d’une complicité qui pousse le compositeur à dédier au chef alors en pleine ascension (Böhm est né à Graz en 1894) les partitions de La Femme silencieuse et de Daphné, deux ouvrages dont Böhm assure la création au Semperoper de Dresde, successivement en 1935 et en 1938 (il existe, chez Decca et Orfeo, un témoignage discographique de La Femme silencieuse par Böhm datant de cette époque). Böhm est aussi au pupitre lors de la création du Concerto pour cor n° 2 de Strauss en 1943, et ne cessera par la suite de diriger opéras et pages symphoniques de l’auteur de Salomé. « À mon cher ami et successeur », écrira pour sa part le compositeur au verso d’une photographie offerte au chef d’orchestre.

Il nous reste un grand nombre d’enregistrements d’œuvres de Richard Strauss dirigées par Karl Böhm, à différentes époques et avec différents orchestres, dont Une vie de héros et Mort et Transfiguration enregistrés en 1950 et 1951 avec le RIAS Symphonie-Orchester (1 CD Audite), et une splendide Femme sans ombre, avec la grande Leonie Rysanek en Impératrice, enregistrée en direct en 1977 à l’Opéra de Vienne, cinq ans après que Böhm eut dirigé le même ouvrage à l’Opéra de Paris. On ajoutera qu’existe aussi un certain nombre de dévédés, dont une Elektra surhumaine avec Leonie Rysanek, dans une mise en scène de Götz Friedrich (DG).
 
Souffrance et génie
 
Böhm se faisait très rare en France, mais personne n’a oublié son Tristan de 1973, aux Chorégies d’Orange, avec Birgit Nilsson, Jon Vickers et l’Orchestre National. Faut-il voir dans l’arrivée d’Emmanuel Krivine au poste de directeur musical du même Orchestre National un signe du destin ? Ne sollicitons pas exagérément les planètes. Mais rappelons l’enthousiasme pour la musique de Strauss que Krivine partage avec celui qui fut son mentor. « Que l’on en ait déduit depuis le romantisme qu’un génie doit forcément souffrir me semble fort exagéré : Richard Strauss en est la preuve », dit Emmanuel Krivine, qui précise : « Sa souffrance est doublée d’une santé inaltérable qui, comme chez Brahms, nous régénère physiquement. »

Emmanuel Krivine revient régulièrement à Richard Strauss, notamment à ses poèmes symphoniques. Cette saison, il nous offrira Till l’espiègle, Mort et Transfiguration et, en fin de saison, Une vie de héros. Peut-être faut-il voir aussi dans ces trois titres, au-delà d’un signe envoyé à Karl Böhm, un autoportrait de l’artiste en trois moments.
 
Florian Héro
 
 

Ecouter Richard Strauss et Emmanuel Krivine

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