Tango oui, tango non

Vendredi 22 novembre 2019
Tango oui, tango non | Maison de la Radio
« On ne le sait pas, mais le tango est très populaire en Finlande ! Nous avons des centaines de tangos écrits par des compositeurs finlandais, et aujourd’hui, pour notre public et pour l’orchestre, j’ai envie de présenter le tango finlandais qui possède son univers propre », dit Mikko Franck. Telle est la promesse du concert de Noël qu’il dirigera les 20 et 21 décembre. L’occasion de revenir aux origines d’un genre qui est à la fois une danse, un genre musical et un état d’esprit. Et qu’on ne saurait réduire au son du bandonéon.
« Tango, bien-aimée bohémienne, [...] tu es un symbole qui danse, [...] tu es rire, tu es la mort habillée en danseuse. »
Rosita Quiroga et Enrique Cadícamo, Apologia tanguera, 1933.
 
Le tango a une étrange presse et dans nos esprits semble danser sur un pied. Nous avons beau savoir instinctivement que son histoire est riche et complexe, qu’il s’agit d’une danse à la fois codifiée et sensuelle, aussi précise qu’animale, il n’en demeure pas moins que certaines images de cheveux brillants solidement fixés en arrière, de costumes colorés hors du temps et de salles de danses hantées par des affiches périmées peuvent représenter les arbres qui cachent les maderas borrachas (« bois ivres »). Cette danse, née dans des bas-fonds, ne fera chalouper la haute société de Buenos Aires qu’après son passage à Paris, à l’issue de la Première Guerre mondiale la plaçant d’emblée comme un phénomène international : il n’y a pas UN tango, il n’y a pas UNE période. Il s’agit plutôt d’un objet historique à multiples facettes qui n’a pas fini d’évoluer.
 
OUI...
… il est bien argentin, mais c’est un peu moins simple. « Officiellement », le tango naît sur les bords du Rio de la Plata, fleuve qui sépare l’Argentine de l’Uruguay, dans la décennie 1880. Tango, selon toute probabilité, est un mot africain arrivé au Nouveau Monde en navire négrier, désignant d’abord l’endroit où étaient parqués les esclaves avant d’embarquer, puis les sociétés de noirs libres jusqu’à leur dissolution en 1888. Musicalement, c’est tambor puis tambo qui nous intéresse : instruments de percussions, appelés de cette façon par voie d’onomatopée. 
 
NON...
… ce n’est pas un cliché : le tango fait partie des premières danses des arrabales (« quartiers populaires ») de Buenos Aires et de Montevideo, et qui a ensuite profité des théâtres et des orgues de barbarie pour se développer et s’enrichir au contact des immigrants européens, qui y injectent la polka, le flamenco et la valse, en plus de la milonga argentine et du candombe des esclaves africains. Mais comment une danse issue d’une classe malmenée par la police et par une aristocratie condescendante a-t-elle gagné ses lettres de noblesse ? 
 
OUI…
… c’est à Paris que le tango obtient ses paillettes. Après sa première période de guardia vieja (« vieille garde ») représentée par les guinguettes et par la génération des Vicente Greco, Juan Maglio « Pacho » et autre Eduardo Arolas, le tango traverse l’Atlantique et séduit Paris en 1907. Le tango, musique de danse purement instrumentale, se dote de chant à partir de 1917 : Pascual Contursi plaque ses textes sur des tangos existants et on compose des tangos pour mettre la poésie de Célédonio Flores en musique, sous le regard de Carlos Gardel. Il fallait bien cette métamorphose validée par la sophistication parisienne pour intéresser la bourgeoisie argentine ! Dès les années 1920, le tango était prêt à revenir triomphant en Argentine et profiter de son âge d’or, aidé par la standardisation de l’orquesta típica.
 
NON…
… le tango, ça n’est pas que le bandonéon. Même si la segunda época de oro des années 40 a mis en valeur les talents de Piazzola et Troilo au bandonéon, il est intéressant de voir le tango comme un son d’ensemble. La guitare est historiquement le premier instrument du tango, présente pour relever l’influence des milongas argentines et pour accompagner le tango-chanson. La flûte disparaît avec la vieja guardia. Le piano remplace ponctuellement la guitare, et sera l’ambassadeur du tango lors de son séjour parisien. Le violon, ou plutôt : deux violons teintent les propositions du bandonéon tout en offrant des contrechants (souvenons-nous d’Elvino Vardaro et Manlio Francia). Le bandonéon vient d’Allemagne et met au service du tango un large éventail de dynamiques, de sonorités et d’articulations. La contrebasse sert de base rythmique, introduite par Roberto Firpo et Francisco Canaro, et peut ponctuellement utiliser l’effet canyengue : faire sauter l’archet sur les cordes pour encanailler le discours.
 
OUI…
… vous aussi vous pouvez le danser. Il s’agit d’une danse qui se base sur la marche. Il y a cinq pas de base sur huit pulsations musicales, sur un rythme lent/lent/rapide/rapide/lent. Les partenaires se tiennent près l’un de l’autre. Dans le cas d’un couple homme-femme : la main gauche de l’homme tient la main droite de la femme. Sa main droite est placée sur son dos, vers le bas de sa cage thoracique. La main gauche de la femme est placée sur son épaule droite. Vous devez toujours garder les genoux pliés. La personne qui mène voit ses gestes reproduits en miroir par la personne qui suit et commence avec le pied gauche.
Êtes-vous prête à vous lancer, mi corazon ?
 
Christophe Dilys
 

Ecouter du tango à Noël

DERNIÈRE MINUTE - GRÈVE - Concert de Noël : Viva el tango ! | Maison de la Radio

DERNIÈRE MINUTE - GRÈVE - Concert de Noël : Viva el tango !

Concert symphonique

Orchestre Philharmonique de Radio France

Mikko Franck direction / Jean-Yves Thibaudet piano
En raison d’un appel à la grève émanant de plusieurs organisations syndicales représentatives de Radio France, nous ne serons pas en mesure de donner le concert de ce soir.
Vendredi20décembre201920h00 Maison de la radio - Auditorium
Concert de Noël donné au profit d'UNICEF France : Viva el tango ! | Maison de la Radio

Concert de Noël donné au profit d'UNICEF France : Viva el tango !

Concert symphonique

Orchestre Philharmonique de Radio France

Mikko Franck direction / Jean-Yves Thibaudet piano
Concert de Noël au profit de l'UNICEF.
Samedi21décembre201920h00 Maison de la radio - Auditorium

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