Trois questions à… Adèle Charvet

Mardi 12 janvier 2021
Trois questions à… Adèle Charvet | Maison de la Radio
La jeune mezzo-soprano Adèle Charvet est la marraine du Pass Jeune de Radio France.
 
Adèle Charvet, en quoi consiste votre rôle de marraine du Pass Jeune ?
Si vous avez moins de vingt-huit ans, le Pass Jeune vous permet de venir quatre fois au concert au cours de la saison, seul ou accompagné, à conditions que ceux que vous emmenez avec vous aient aussi moins de 28 ans. Ce pass vous donne également accès aux avantages Abonnés, ce qui n’est pas rien ! En tant que marraine, je prête mon image à cette opération, d’autant que je corresponds tout à fait au public concerné : j’ai vingt-sept ans ! On me voit sur l’affiche, je prends la parole sur France Musique à différents moments de la saison, je choisis quatre concerts « coup de cœur » et j’interviens régulièrement sur deux réseaux sociaux, facebook et instagram, ce qui me permet de fidéliser un public qui ne serait peut-être venu que par hasard assister à un concert. Les réseaux sociaux donnent l’occasion de décloisonner, de faire tomber des barrières ; je peux y montrer les coulisses du concert, parler de mes collègues, pourquoi pas faire le pitre de temps en temps ; bref, rappeler que les artistes sont des gens normaux, qu’ils peuvent être légers même s’ils font toujours preuve de rigueur, car ils travaillent beaucoup ! Les réseaux sociaux sont devenus pour moi, par ailleurs, un outil de travail.
 
Le Pass Jeune a-t-il pour mission d’attirer un public nouveau ou de susciter des vocations ?
D’attirer un public nouveau, d’abord ; mais s’il permet de susciter aussi des vocations, tant mieux ! On sait que l’âge médian du public des concerts a tendance à augmenter, mais que toutes les salles, toutes les institutions travaillent d’arrache-pied pour attirer un public nouveau. Une personne qui ne connaît pas la musique qu’on appelle classique s’y intéressera si on lui donne les clefs de compréhension. Lorsque je donne un récital, il suffit que je dise quelques mots sur le poème de la mélodie que je vais interpréter, pour que l’écoute soit différente, plus attentive, car le public se sent tout à coup davantage concerné.
 
Comment se fait-il que le public des concerts vieillisse alors que les écoles de musique sont pleines et qu’il y a de plus en plus de jeunes instrumentistes et de jeunes chanteurs de talent, comme vous en donnez la preuve ?
Se pose depuis longtemps le problème de l’enseignement général : à l’école et au collège, en France, la musique est peu et mal enseignée, alors que dans les pays anglo-saxons ou en Allemagne, chanter en groupe ou pratiquer la musique ensemble va de soi, dès le plus jeune âge. L’habitude de la musique perdure alors avec les années. Il y a quelque temps, à la fin d’un récital que je donnais aux Pays-Bas, une spectatrice est venue me remercier d’avoir inscrit à mon programme les Quatre Lieder op. 2 de Schoenberg, et a ajouté : « Je suis dentiste, mais je les chante tous les jours avec mon mari. » J’étais ahurie ! Et puis, il ne faut pas oublier que bien des œuvres du répertoire ont été écrites par de jeunes compositeurs : Schubert est mort à trente et un an, il n’a pas eu le temps d’être vieux, et Berlioz avait mon âge quand il a écrit la Symphonie fantastique !
 
Propos recueillis par Christian Wasselin
 
 
 

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