Ukraine, capitale Montpellier

Mercredi 21 juin 2017
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Ukraine, capitale Montpellier | Maison de la Radio
Le 19 juillet, Emmanuel Krivine dirige la Deuxième Symphonie de Tchaïkovski, à la tête de l’Orchestre national de France, dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier.

TCHAÏKOVSKI ÉCRIVIT SIX SYMPHONIES, dont la composition s’étend de 1866 à 1893 (auxquelles on peut ajouter Manfred, poème symphonique en quatre mouvements qui épouse en partie la structure de la symphonie). Contrairement à celles d’un Schumann ou d’un Mendelssohn, elles ne cherchent pas l’innovation formelle ; à l’instar de celles d’un Brahms ou d’un Bruckner, elles reprennent la forme héritée de la première école de Vienne mais l’irriguent d’une sensibilité très particulière. Elles ne font pas appel aux voix, comportent les quatre mouvements attendus (sauf la Troisième, qui en comprend cinq), la Sixième commençant et s’achevant par un Adagio qui justifie son sous-titre « Pathétique ».
 
Arthur Nikitsch au Gewandhaus de Leipzig, Gustav Mahler et plus tard Wilhelm Furtwaengler, compteront parmi les plus fervents défenseurs de Tchaïkovski. C’est que celui-ci incarne le modèle de l’artiste russe et européen, qui puise dans le tréfonds du folklore tout en retenant les acquis de la musique occidentale, qui vénère Mozart, récuse Wagner, applaudit Carmen et reconnaît sa dette envers Beethoven. Contrairement aux musiciens du groupe des Cinq – qu’il faut se garder cependant d’opposer de manière trop systématique à leur compatriote –, Tchaïkovski cultive sans complexe les formes héritées du XVIIIe siècle (la symphonie, le concerto...), là où un Moussorgski récuse les moules préétablis. « Le vrai contexte de l’esthétique de Tchaïkovski n’est (...) pas la Russie du Moyen Âge, de la Moscovie ni des vieux-croyants. C’est la Russie telle qu’elle apparaît après les réformes de Pierre Le Grand, bâtie sur les structures sociales de l’Occident, mais qui, après un temps d’occultation de ses propres origines, a rééquilibré ses positions et retrouvé, avec son passé et son terroir, des attaches non seulement affectives, mais intellectuellement vérifiées », écrit André Lischké.
 
On a l’habitude, par ailleurs, de regrouper en deux trilogies cet ensemble de symphonies. Les trois premières, plus variées d’atmosphère et d’inspiration, sont encore des œuvres d’insouciance créatrice. A partir de la Quatrième, Tchaïkovski exprime ses obsessions : le poids du destin l’accable, l’angoisse métaphysique le ronge (la vraie-fausse symphonie Manfred participe de la même sensibilité). Ses symphonies sont de moins en moins des exercices formels, de plus en plus des confessions. La dernière sera son testament.
 
Oleg de Novgorod, prince du IXe siècle
 
Commencée en Ukraine, la Deuxième Symphonie de Tchaïkovski est sous-titrée « Petite Russie » : c’est en 881 en effet que l’actuelle capitale de l’Ukraine, Kiev, devint la première capitale de la Russie à l’initiative du prince Oleg de Novgorod. L’Ukraine a donc existé avant la Russie pour la simple raison qu’elle fut, d’une certaine manière, la première Russie ; c’est pourquoi on l’appela longtemps, familièrement, « Petite Russie ».
 
Cette Deuxième Symphonie, pleine de sève populaire et de chaleur, a peu à voir avec la Première Symphonie qui, elle, était saturée de neige et de mélancolie. Jouée une première fois en 1872, elle fut remaniée sept ans plus tard à Rome par le compositeur, et créée, dans cette nouvelle version, en 1881. Cette seconde mouture touche trois des quatre mouvements à des degrés divers : « J’ai écrit un nouveau premier mouvement, à l’exception de l’introduction et de la coda qui sont restés les mêmes. Le premier thème de l’Allegro est neuf et l’ancien premier thème est maintenant devenu le second thème. Ce mouvement est à présent court, condensé, et sans difficultés. Si l’épithète d’impossible peut s’appliquer à quelque chose, c’est bien au premier mouvement dans sa version primitive. Mon Dieu que c’était compliqué, bruyant, décousu et incohérent. L’Andante est resté sans modifications. Le Scherzo a été radicalement transformé. Le finale a subi une énorme coupure », écrivit le compositeur à Taneiev.
 
Moins concise assurément, peut-être moins équilibrée, la première version fut reconstituée après la mort du compositeur. Elle réjouit tous ceux qui aiment ouvrir les coffrets interdits de l’histoire de la musique.
 
Christian Wasselin
 

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Moussorgski / Khatchatourian / Tchaïkovski

Moussorgski / Khatchatourian / Tchaïkovski | Maison de la Radio
Concert classique

Orchestre National de France

Emmanuel Krivine direction
Renaud Capuçon violon
Aux confins de l'Empire : Moussorgski, Khatchatourian et Tchaïkovski
Mercredi19juillet201720h00 HORS LES MURS Le Corum / Opéra Berlioz, Montpellier

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