Un nouveau concerto de Youssoupov

Mardi 12 août 2014

Le 26 septembre prochain, Salle Pleyel, toujours dans le cadre de l’hommage à Evgeny Svetlanov, aura la création française du Deuxième Concerto pour violon de Benjamin Youssoupov par Vadim Repin. L’Orchestre Philharmonique sera dirigé par Lio Kuokman, lauréat du récent concours de direction d’orchestre Evgeny Svelanov.

Après avoir écrit un premier concerto pour violon et un concerto pour alto (Viola Tango Rock Concerto) à l’intention de Maxim Vengerov, ainsi qu’un concerto pour violoncelle pour Mischa Maisky, c’est à Vadim Repin que le compositeur Benjamin Youssoupov (né en 1962) dédie en 2014 son Deuxième Concerto pour violon « Les Voix du violon ». Né en 1962 au Tadjikistan soviétique d’un père luthiste (joueur de rubab) descendant d’une longue lignée de musiciens de maqam, élève de l’école de musique de Douchanbé et diplômé du Conservatoire Tchaïkovski de Moscou dans la classe de Dimitri Kitaenko, Benjamin Youssoupov décide en 1990 de s’installer définitivement en Israël. Revendiquant un large éventail d’influences musicales, il déclare : « Je suis un Juif venu d’une tradition musicale musulmane, mais avec une éducation occidentale de Moscou ».

Dans ses « Voix du violon », Youssoupov propose un véritable tour du monde musical, en puisant dans les musiques populaires indiennes, irlandaises, dans le blues ou les musiques des Balkans. Les six mouvements s’intitulent « Musique ancienne », « Irish fiddle reels » (danse de violon irlandais), « Raga indien », « Musica lautareasca, musique tsigane » (les lautari sont des musiciens animant les fêtes et cérémonies), « Jazz Groove » et « Voix romantique ». Ils répondent au credo musical que le compositeur exposait en 2010 au musicologue danois Michael Fjeldsøe :

« Depuis les dix dernières années, je me sens de plus en plus “global”. Du fait d’internet et de Youtube, nous pouvons accéder à une culture musicale totalement différente en un seul clic, par exemple avec des musiques chinoises, sud-américaines ou africaines. Pour moi, en tant qu’artiste, c’est très intéressant. Je trouve que les musiques “ethniques” de différents pays ont des points communs pour ce qui est du développement et de la mentalité. Il s’agit simplement pour moi de prendre et de traduire cela à travers le langage musical et les instruments européens. La globalisation, qui s’effectue en économie et en politique, s’applique naturellement aux arts. Quand j’écoute du tango, un raga indien ou du duduk arménien, j’écoute le son, je l’entends de l’intérieur. Ensuite, je puise à toutes les sources, et je le traduis dans mes propres idées, à travers ma propre identité et mon âme. Je trouve cela beaucoup plus intéressant que la ligne étroite de l’avant-garde, car Boulez, Stockhausen et leurs écoles en ont tellement dit que je ne peux rien y ajouter.

« Israël est le meilleur exemple de mes idées. De nombreuses communautés juives ont émigré vers Israël en apportant leurs traditions, leur culture et leur pratique de la musique. Dans ce petit pays de cinq ou six millions d’habitants, ils échangent des idées et s’influencent l’un l’autre. Nous avons également beaucoup d’ensembles musicaux dans lesquels des musiciens occidentaux et orientaux jouent de la musique africaine, du jazz ou autres, et parfois cela donne des résultats épatants. Des phénomènes similaires se produisent dans des grandes villes comme Londres, New York ou Paris, mais cela ne traduit pas l’identité du pays. On reconnaît que c’est de la musique française ou anglaise, mais en Israël, on ne sait pas ce que c’est. C’est comme la création d’un nouveau plat et c’est un processus très intéressant. Israël est encore un pays très jeune, âgé d’environ cinquante ou soixante ans, et cela donne l’occasion de créer cette sorte de “salade composée” ».

Composé du 12 juin 2011 au 30 mars 2012 (mouvements 1 à 4) puis du 15 novembre au 31 décembre 2013 (mouvements 5 et 6), ce Deuxième Concerto est une co-commande de Radio France, de l’Orchestre Symphonique de Berlin et du Festival Transsibérien de Novossibirsk (dont Vadim Repin est le directeur artistique). Il a été créé le 3 avril 2014 par Vadim Repin (qui en est le dédicataire) et l’Orchestre Philharmonique de Novossibirsk dirigé par le compositeur.

 Françoix-Xavier Szymczak

 Le concert du 26 septembre sera diffusé en direct sur France Musique et sur le réseau de l’UER.

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