Henri Dutilleux et le concerto

Lundi 23 novembre 2015
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Henri Dutilleux et le concerto | Maison de la Radio
Après avoir écrit deux symphonies, Dutilleux composa deux concertos, chacun étant destiné à un virtuose illustre qui permit à ces deux œuvres d’être reprises à travers le monde.
A l’instar d’un Paul Dukas, Henri Dutilleux nous a laissé un chef d’œuvre dans les principaux genres musicaux. On lui doit ainsi une sonate pour piano, un quatuor à cordes, un ballet, un concerto pour violoncelle et un concerto pour violon ; et chacune de ses deux symphonies est d’une conception fort différente.
 
Le Concerto pour violoncelle « Tout un monde lointain… », composé à la demande de Mstislav Rostropovitch, puis le Concerto pour violon « L’Arbre des songes », pour Isaac Stern, renouvellent à la fois la forme du concerto tout en assurant la pérennité du genre : « Je sens que deux éléments de ma nature se contrarient : d’une part, liberté d’expression, curiosité de tout ce qui est rare ; d’autre part, tendance innée à insérer ma pensée dans un cadre formel, précis, dépouillé, strict ».
 
Ces deux œuvres furent créées à quinze ans de distance : Tout un monde lointain… a vu le jour en 1970, puis ce fut en 1985 L’Arbre des songes avec l’Orchestre National de France dirigé par Lorin Maazel. Elles témoignent du soin que prenait le compositeur à parfaire son travail : « Lorsque je vis avec une œuvre, elle me hante et je ne désire pas la quitter trop tôt. Je veux l’épuiser. C’est dans mon tempérament. Je sais qu’il y a un danger : le fait de vivre trop longtemps avec la pensée de cette œuvre risque de la déflorer au moment où elle se crée. Certains auteurs sont totalement dépourvus d’autocritique et cela peut être un bienfait au moment même où doit se développer le processus créateur ».
 
Charles Dutoit à la tête de l’Orchestre National de France (avec Lynn Harrell et Pierre Amoyal), puis Myung-Whun Chung à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Radio France (avec Truls Mork et Renaud Capuçon) enregistreront ces deux concertos. Anssi Karttunen gravera pour sa part Tout un monde lointain… avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Esa-Pekka Salonen.
 
Plus tard, Dutilleux composa le bref nocturne pour violon et orchestre Sur le même accord pour Anne-Sophie Mutter, qui révéla l’œuvre au public français, en 2003, en compagnie de Kurt Masur et du fidèle Orchestre National.



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