Henri Dutilleux, le piano et la musique de chambre

Lundi 23 novembre 2015
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Henri Dutilleux, le piano et la musique de chambre | Maison de la Radio
La Sonate pour piano et le Quatuor à cordes « Ainsi la nuit » sont les deux sommets de l’œuvre pour piano et de l’œuvre pour musique de chambre d’Henri Dutilleux.
Avant sa première grande partition pour orchestre (la Première Symphonie, 1951), Henri Dutilleux a écrit quelques pages de musique de chambre qu’il considéra plus tard comme des péchés de jeunesse, notamment une Sonatine pour flûte et piano, créée en 1944 par Gaston Crunelle et le compositeur en personne. Il ne mettait pas très haut non plus sa Sonate pour piano, créée en 1948 par sa femme Geneviève Joy, mais le fait que plusieurs pianistes l’aient jouée avec bonheur ont fini par lui faire considérer cette fort belle page avec davantage de bienveillance. D’ailleurs, comme le disait son professeur Maurice Emmanuel, « à aucun moment le jeune Dutilleux n’a été banal ».
Henri Dutilleux et sa femme Geneviève Joy

Henri Dutilleux a laissé d’autres brèves pages pour le piano (Deux Préludes pour piano, Figures de résonance pour deux pianos), ainsi que plusieurs œuvres de musique de chambre écrites pendant sa période de maturité : les Trois strophes pour violoncelle sur le nom de Sacher (1976-1982), Les Citations (pour hautbois, clavecin, contrebasse et percussions) et surtout le Quatuor à cordes « Ainsi la nuit » (1977), que les plus grands quatuors ont inscrit sans attendre à leur répertoire.
 
Toutes ces œuvres, notamment le quatuor, ont été le fruit d’un long mûrissement, même si l’on sait que Dutilleux, artiste pudique, ne souhaitait pas se livrer sur la genèse de ses partitions : « Je n’ai jamais accepté qu’avec quelque réserve l’attitude qui consiste, pour un compositeur, à faire publiquement étalage de ses intentions, de ses recettes, de ses secrètes recherches ».

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