Et Ravel n’eut pas son billet pour Rome !

Jeudi 14 septembre 2017
Email
Et Ravel n’eut pas son billet pour Rome ! | Maison de la Radio
Malgré cinq tentatives, Ravel n’eut jamais le Grand Prix de Rome. Le Chœur et l’Orchestre philharmonique de Radio France, le 15 septembre, dans le cadre des 80 ans du Philhar', nous révéleront trois pages composées par le jeune musicien pour tenter de décrocher le fameux sésame.

C'EST À PARTIR DE 1803 que le Concours de Rome fut aussi ouvert aux musiciens (alors que peintres et sculpteurs pouvaient concourir depuis 1663). Et c’est jusqu’en 1968 que se déroula, chaque année, le rituel de la mise en loge qui devait permettre aux jeunes compositeurs, loin de toute influence maléfique ou bénéfique, d’imaginer une cantate sur un texte imposé par les hautes autorités de l’Institut. Le premier couronné fut Auguste Androt, en 1803, avec sa cantate Alcyone ; le dernier, cent soixante-cinq ans plus tard, fut Alain Louvier, avec Folie et mort d’Orphée.
Entre ces deux dates, on note quelques noms prestigieux : Berlioz, Gounod, Bizet, Massenet, Debussy, Dutilleux, mais aussi Hérold, Halévy, Victor Massé, Charpentier, Florent Schmitt, Lili Boulanger, ou encore Ernest Guiraud, Théodore Dubois ou Caplet. Avec quelques surprises, tel Paul Paray, célèbre surtout comme chef d’orchestre, qui fut couronné du Grand Prix en 1911.
Ce qui n’enlève en rien, a priori, à la qualité des cantates aujourd’hui oubliées. On serait heureux, fût-ce par curiosité, d’écouter Héro et Léandre (1810) de Désiré Beaulieu, Clarisse Harlowe (1897) d’Omer Letorey ou La Farce du mari fondu (1939) de Pierre Maillard-Verger. Et de comparer les cantates de Berlioz et de Montfort, arrivés ex-aequo en 1830.
 
Dubois, celui par qui le scandale arrive
 
Le Concours de Rome n’a jamais eu pour but de consacrer un génie. Mais plutôt de distinguer un bon élève, un jeune musicien possédant son métier et donnant de sérieuses espérances quant à son avenir de compositeur. Du côté du candidat, la victoire permettait de composer en toute sécurité matérielle dans le cadre rêvé de la Villa Médicis, à Rome, et bien sûr d’attirer l’attention sur soi. C’est dans cet état d’esprit que Ravel fut candidat dès 1900. Il se soumit au règlement : composer une fugue et une pièce chorale en janvier puis, en cas de succès, écrire en loge une autre fugue et une pièce vocale avec orchestre ; enfin, à condition de faire partie des six candidats distingués par le jury, se mettre à la fameuse cantate.

Comme le raconte Hélène Cao, « Ravel concourut en 1900, 1901, 1902, 1903 et 1905, sans parvenir à décrocher mieux qu’un Deuxième Second Prix en 1901. Tout est lumière, La Nuit et L’Aurore, chœurs du premier tour sur des textes anonymes, montrent ses efforts pour concilier le respect des normes académiques avec sa singularité stylistique (évidente dans certains enchaînements d’accords). » Le comble fut atteint lors de sa dernière tentative, où il ne fut même pas admis à la dernière épreuve, ce qui déclencha un tollé et obligea Théodore Dubois, directeur du Conservatoire (et Premier Prix en 1861 !), à démissionner au profit de Fauré.

Tout n’est pas toujours lumière.
 
Christian Wasselin
 
Le concert du 15 septembre sera diffusé en direct sur France Musique.
 
Email

INSCRIPTION AUX NEWSLETTERSX

Chaque mois, recevez toute l’actualité culturelle de Radio France : concerts et spectacles, avant-premières, lives antennes, émissions, activités jeune public, bons plans...
Sélectionnez la ou les newsletters qui vous ressemblent ! 

Séléctionnez vos newsletters

(*) Informations indispensables

Les données recueillies par RF sont destinées à l’envoi par courrier électronique de contenus et d’informations relatifs aux programmes, évènements et actualités de RF et de ses chaînes selon les choix d’abonnements que vous avez effectués. Conformément à la loi Informatique et libertés n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, ainsi qu’au règlement européen n°2016-679 relatif à la protection des données personnelles vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, d’opposition et de portabilité sur les données vous concernant ainsi qu’un droit de limitation du traitement. Pour exercer vos droits, veuillez adresser un courrier à l’adresse suivante : Radio France, Délégué à la protection des données personnelles, 116 avenue du président Kennedy, 75220 Paris Cedex 16 ou un courriel à l’adresse suivante : dpdp@radiofrance.com, en précisant l’objet de votre demande et en y joignant une copie de votre pièce d’identité.

Conformément aux dispositions susvisées, vous pouvez également définir des directives relatives à la conservation, à l'effacement et à la communication des données vous concernant après votre décès. Pour cela, vous devez enregistrer lesdites directives auprès de Radio France. A ce titre, vous pouvez choisir une personne chargée de l’exécution de ces directives ou, à défaut, il s’agira de vos ayants droits. Ces directives sont modifiables à tout moment.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter vos droits sur le site de la CNIL