Requiem pour Djamila

Jeudi 5 mars 2020
Requiem pour Djamila | Maison de la Radio
Barbara Hannigan est cette saison en résidence à Radio France. Le 27 mars, elle dirigera un programme a priori composite dont elle nous livre ici une partie des secrets.
Barbara Hannigan, vous allez diriger le 27 mars l’Orchestre Philharmonique…
Oui, à l’occasion d’un concert que j’ai conçu comme une passion. Il commencera par une œuvre de Luigi Nono célébrant la militante algérienne Djamila Boupacha. La symphonie de Haydn qui suit, très sombre, est elle-même sous-titrée « La Passion ». Friede auf Erden de Schoenberg est la suite logique de ces deux œuvres puisqu’il y est question de la violence sur la terre. Il est piquant, au passage, que Nono ait épousé la fille de Schoenberg mais, sur le plan musical, la parenté entre Djamila Boupacha et Friede auf Erden s’arrête là.
 
La soirée s’achèvera avec le Requiem de Mozart…
C’est une œuvre célèbre, mais que j’ai vraiment creusée pour la première fois la saison dernière sans imaginer qu’elle produirait sur moi un pareil effet. Je trouve que le chœur est l’élément principal de cette partition.
 
C’est un sentiment qu’éprouvent aussi certains chanteurs, par exemple Siobhan Stagg, la soprano solo du Requiem donné l’été dernier au Festival d’Aix-en-Provence…
Oui, pour moi les solistes sont l’extension du chœur et l’orchestre suit les chanteurs. Je me réjouis de retrouver le Chœur de Radio France, avec lequel j’ai chanté le Requiem de Ligeti en 2011, dans le cadre du festival Présences. À l’université, j’ai étudié la musique et la théologie, discipline qui m’a toujours passionnée. Je me moque un peu que Mozart n’ait pas terminé sa partition, je m’attache au fait qu’il ait pensé au purgatoire, à la prédestination. Quand, dans le « Domine Jesu Christe », Mozart met en musique les mots « Signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam » (« Que saint Michel les conduise vers la sainte lumière »), j’exhorte le chœur à chanter comme un seul et même individu. Le requiem de Ligeti est plein de crainte, de panique ; chez Mozart, il y a l’effroi dans le « Dies irae », mais aussi la négociation avec Dieu dans le « Recordare », et la promesse d’Abraham dans le « Domine Jesu ».
 
Pourquoi ne chantez-vous pas dans le Requiem ?
Ce n’est pas le type d’œuvre qui permet au chef de chanter. Il faut que la démarche ait un sens. Je vais diriger en mai prochain la Quatrième Symphonie de Mahler avec l’Orchestre philharmonique de Munich, et dans le finale c’est moi qui chanterai ; après tout, ce n’est qu’un lied !
 
Propos recueillis par Christian Wasselin

Ecouter Barbara Hannigan

Requiem de Mozart, Barbara Hannigan - Annulé

Requiem de Mozart, Barbara Hannigan - Annulé | Maison de la Radio
Concert symphonique

Chœur de Radio France
Orchestre Philharmonique de Radio France

Barbara Hannigan direction
Elizabeth Karani soprano
Quatre œuvres sur la vie après la mort.
Vendredi27mars202020h30 HORS LES MURS Philharmonie de Paris

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