Rosamunde, comme un parfum chypré

Jeudi 30 juillet 2015
Rosamunde, comme un parfum chypré | Maison de la Radio
Christian Zacharias, à la tête du Chœur de Radio France et de l’Orchestre National, nous offre non pas seulement l’ouverture, non pas seulement le troisième entracte, mais toute la musique de scène qu’écrivit Schubert pour une pièce réputée impossible : Rosamunde, princesse de Chypre. Rendez-vous le jeudi 24 septembre à l’Auditorium de la Maison de la radio.

A L’ORIGINE de la musique de scène écrite par Schubert pour Rosamunde (on traduit parfois en français par Rosemonde), on trouve à la fois le désir acharné de Schubert de s’imposer au théâtre, et une librettiste maudite : Helmina von Chézy.
 
Nous sommes en 1823. Cette année-là, le compositeur a déjà une quinzaine d’œuvres lyriques, achevées ou non, à son catalogue. Il vient notamment de terminer Fierrabras, à la demande du directeur du Kärntnerthor Theater de Vienne, qui a parallèlement commandé à Weber la partition d’Euryanthe. Mais le peu d’estime rencontré par cette partition (créée le 25 octobre) et l’arrivée de Rossini à Vienne, promesse au contraire de succès publics ébouriffants, convainquent le directeur de théâtre de renoncer à la création de Fierrabras, que Schubert n’entendra jamais.
 
Quant à Helmina von Chézy, c’est elle qui a signé le livret d’Euryanthe. Moritz von Schwind, ami de Schubert, voyait en elle une « redoutable poétesse », mais un autre ami du compositeur, Josef Kupelwieser (par ailleurs librettiste du malheureux Fierrabras), réussit à le convaincre d’écrire la musique de scène de Rosamunde, princesse de Chypre, grand drame romantique en quatre actes créé, toujours à Vienne, le 20 décembre de la même année 1823. Helmina von Chézy y est égale à elle-même.
 
Une harpe, comme par enchantement
 
La pièce semble aujourd’hui perdue. Elle mettait en scène une princesse abandonnée, élevée par des marins, une épave mystérieuse, un prince vivant parmi des bergers, des lettres empoisonnées, des esprits, des chasseurs, etc. Bref, tout un ensemble de personnages et de situations qui montrent que l'Allemagne n’a pas oublié la leçon du Freischütz de Weber. Elle ne connut que deux représentations, mais la musique de scène écrite par Schubert ne passa pas inaperçue. Elle consiste en dix numéros de durée variable, auxquels le compositeur, faute de temps, ajouta l’ouverture de son opéra Alfonso et Estrella, écrite en 1822. Depuis la mort de Schubert, l’usage veut qu’on joue, en lieu et place, l’ouverture de La Harpe enchantée, de deux ans antérieure.
 
L’ensemble, toute qualité musicale mise à part, donne une impression plus copieuse que Le Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn, moins morcelée que le Manfred de Schumann, mais se situe sur les mêmes cimes. Les parties vocales ne sont pas les plus développées (une romance, un chœur des esprits, un chœur des bergers, un chœur des chasseurs), et ce sont les musiques de ballet et surtout les entractes qui séduisent le plus, le troisième atteignant des sommets de transparence et de légèreté.
 
On rappellera enfin que certains musicologues proposent de jouer le premier Entracte à la suite de la Symphonie inachevée afin de donner à celle-ci une durée ou un équilibre dont elle n’a toutefois pas besoin.
 
Christian Wasselin
 
Le concert du 24 septembre sera diffusé en direct sur France Musique.

INSCRIPTION AUX NEWSLETTERSX

Chaque mois, recevez toute l’actualité culturelle de Radio France : concerts et spectacles, avant-premières, lives antennes, émissions, activités jeune public, bons plans...
Sélectionnez la ou les newsletters qui vous ressemblent ! 

Séléctionnez vos newsletters

(*) Informations indispensables

Les données recueillies par RF sont destinées à l’envoi par courrier électronique de contenus et d’informations relatifs aux programmes, évènements et actualités de RF et de ses chaînes selon les choix d’abonnements que vous avez effectués. Conformément à la loi Informatique et libertés n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, ainsi qu’au règlement européen n°2016-679 relatif à la protection des données personnelles vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, d’opposition et de portabilité sur les données vous concernant ainsi qu’un droit de limitation du traitement. Pour exercer vos droits, veuillez adresser un courrier à l’adresse suivante : Radio France, Délégué à la protection des données personnelles, 116 avenue du président Kennedy, 75220 Paris Cedex 16 ou un courriel à l’adresse suivante : dpdp@radiofrance.com, en précisant l’objet de votre demande et en y joignant une copie de votre pièce d’identité.

Conformément aux dispositions susvisées, vous pouvez également définir des directives relatives à la conservation, à l'effacement et à la communication des données vous concernant après votre décès. Pour cela, vous devez enregistrer lesdites directives auprès de Radio France. A ce titre, vous pouvez choisir une personne chargée de l’exécution de ces directives ou, à défaut, il s’agira de vos ayants droits. Ces directives sont modifiables à tout moment.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter vos droits sur le site de la CNIL