Franck selon Franck

Jeudi 13 novembre 2014
Franck selon Franck | Maison de la Radio
Le 5 décembre à 19h, Mikko Franck va inaugurer la série des « Expresso concert » avec la Symphonie en ré mineur de son homonyme prénommé César.

Malgré les tentatives d’un Gossec et les partitions méconnues d’un Onslow, Berlioz a la réputation d’être le seul auteur de symphonies, en France, jusqu’au milieu du XIXe siècle. Mais tout change avec Bizet (merveilleuse Symphonie en ut !), avec Saint-Saëns et avec ces compositeurs qui, de Chausson à Dukas, laissèrent à la postérité une symphonie et une seule, mais longuement mûrie. Franck fait partie de ceux-là et sa Symphonie en ré mineur a quelque chose d’un jalon dans l’histoire de la forme symphonique.

La renommée de Franck compositeur pour orchestre, tient à l’usage plus habile que systématique qu’il fit du procédé cyclique, reprenant par là l’un des principes de composition d’un Liszt, par exemple. La Symphonie en ré mineur est sans doute l’exemple le plus développé, le plus réussi également, de cette technique, mais Les Djinns, page composée quatre ans plus tôt, l’illustre d’une manière plus brève et plus chatoyante encore. 

Achevée pendant l’été 1888, créée sans succès le 17 février de l’année suivante, la Symphonie en ré mineur est dédiée à Henri Duparc. Comme l’écrit François-René Tranchefort, « il est facile – et important – de la situer chronologiquement dans un grand mouvement de renouveau de la forme symphonique en France au déclin du XIXe siècle : en 1885, Saint-Saëns achevait sa Symphonie avec orgue (conforme au même principe cyclique franckiste), tandis qu’en 1886 Lalo écrivit sa Symphonie en sol mineur et d’Indy sa Symphonie cévenole. C’est dans la décennie suivante que verront le jour les symphonies de Chausson, puis d’un Magnard ou d’un Dukas ».

Une introduction sombre conduit au premier allegro qui évolue tonalement jusqu’à un éclatant ré majeur. Le deuxième mouvement est peut-être le plus insolite des trois : il s’agit d’un chant plaintif du cor anglais, soutenu par de lourds pizzicati, qui laisse la place à une manière de scherzo sans pour autant que se modifie le tempo. Le mouvement lent puis le tempo se conjuguent à la fin du morceau. Quant au finale, il s’agit d’une vaste récapitulation des thèmes des deux mouvements précédents, qui se termine très logiquement en apothéose.
Cette symphonie puissante et robuste, « ébouriffante » selon Debussy, n’a rien d’une œuvre consensuelle. Gounod par exemple affirmait sans nuance : « C’est l’affirmation de l’impuissance poussée jusqu’au dogme ». C’est une partition, néanmoins, d’une puissante concision, qui renouvelle la grande forme héritée de Beethoven dans le souvenir de Liszt.
 
Florian Héro

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