Le Boléro, une œuvre minimaliste ?

Jeudi 22 août 2019
Le Boléro, une œuvre minimaliste ? | Maison de la Radio
L’Orchestre Philharmonique de Radio France consacrera plusieurs concerts, cette saison, à ce courant de la musique américaine qu’on appelle tantôt minimaliste, tantôt répétitif. Pour ouvrir la saison, Mikko Franck a choisi une œuvre qui, sans être américaine, pourrait légitimement être annexée à ce courant : l’illustrissime Boléro de Ravel.
RAVEL N’Y ALLAIT PAS par quatre chemins : « Mon Boléro devrait porter en exergue : “Enfoncez-vous bien cela dans la tête” », affirmait-il. Cette page célébrissime est l’une des œuvres les plus jouées du répertoire symphonique. Elle fut commandée à Ravel en 1927 par la danseuse Ida Rubinstein qui souhaitait, au départ, que le compositeur orchestre quelques pages d’Albeniz. Ravel choisit finalement de composer un boléro, danse espagnole dont il devina très vite quels partis tirer en soulignant son côté répétitif, monotone, obsédant : « Je suis particulièrement désireux qu’il n’y ait pas de méprise au sujet de mon Boléro. C’est une expérience dans une direction très particulière et très limitée, et elle ne devrait pas être suspectée de viser autre chose que ce qu’elle vise. Avant la première représentation, j’ai fait paraître un avertissement précisant que j’avais écrit un morceau de dix-sept minutes consistant uniquement en un tissu orchestral sans musique, – un long et progressif crescendo. »
 
Un témoin, présent lors de la création du ballet, témoigne : « Une posada, à peine éclairée. Le long des murs, dans l’ombre, des buveurs attablés, qui causent entre eux ; au centre, une grande table, sur laquelle la danseuse essaie un pas. Avec une certaine noblesse d’abord, ce pas s’affermit, répète un rythme… Les buveurs n’y prêtent aucune attention, mais, peu à peu, leurs oreilles se dressent, leurs yeux s’animent. Peu à peu, l’obsession du rythme les gagne ; ils se lèvent, ils s’approchent, ils entourent la table, ils s’enfièvrent autour de la danseuse... qui finit en apothéose. Nous étions un peu comme les buveurs, ce soir de novembre 1928. Nous ne saisissions pas d’abord le sens de la chose ; puis nous en avons compris l’esprit. »
 
Le Boléro de Ravel comporte deux phrases qui alternent et se répètent sans le moindre changement de rythme ou de tempo. C’est l’ajout des instruments les uns aux autres, et le crescendo perpétuel (du murmure au fracas) qui produit l’effet irrésistible de ce morceau envoûtant. Composé en 1927-1928, le Boléro fut créé le 22 novembre 1928 à l’Opéra de Paris par la danseuse Ida Rubinstein, dans une chorégraphie de Bronislava Nijinska, sous la direction de Walter Straram. Le 11 janvier 1930, il fit son entrée au concert, sans chorégraphie donc, dans une interprétation des concerts Lamoureux.
 
Florian Héro

 

​Écouter le Boléro

Boléro, Mikko Franck

Boléro, Mikko Franck | Maison de la Radio
Concert symphonique

Maîtrise de Radio France
Orchestre Philharmonique de Radio France

Mikko Franck direction
Nikolaï Lugansky piano
Ou comment les Français réchauffent les Russes au soleil de l’Espagne.
Vendredi20septembre201920h00 Maison de la radio - Auditorium

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